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Etudes Normandes « Angleterre / Normandie : une intimité bien plus forte que le Brexit

Dernière mise à jour 11/10/2017

Culture. « La mer de la Manche n’est pas une frontière, mais un facteur puissant de rapprochement » écrit Yves Guermond dans l’éditorial de la dernière parution des Etudes Normandes consacrée aux relations de la Normandie et de l’Angleterre. L’auteur voit d’ailleurs dans le Brexit « une parenthèse historique » tant les liens entre les deux pays sont étroits. Au fil de la lecture de ces 80 pages, richement illustrées, nous découvrons que si nous avons conquis l’Angleterre c’est elle qui est présente sur notre terre qu’il s’agisse d’industrie, de sport ou d’architecture, de culture...

Mais avant de montrer la multiplicité des influences, Pascal Buléon mesure l’ampleur négative de ce Brexit qui est « un mauvais coup pour l’esprit de coopération et pour la stabilité en Europe. » A la Normandie dans ce contexte de jouer sa partition : « elle peut être une terre d’accueil, de liens, pour tous ces Britanniques pour qui le repli n’est pas inéluctable, et l’ouverture, l’Europe et l’esprit européen, des voies toujours d’avenir. »

Textile, machines à vapeur, les Anglais initiateurs

Dès le 18e et jusqu’au 20e siècle le développement industriel normand devra beaucoup à l’avance de la technique anglaise, ce sont Jean-Pierre Chaline et Alain Becchia qui nous content l’arrivée des Anglais qui vont contribuer à l’essor de l’industrie textile à Elbeuf, Louviers, Rouen…Les industriels britanniques ont bravé le blocus napoléonien, ont contourné les droits de douanes, pour venir installer les machines à tisser, puis contribuer au développement du chemin de fer. De grandes familles anglaises ont fait souche en Normandie et leurs noms sont encore là dans notre quotidien comme les Waddington, les Sykes qui totaliseront sept générations de cotonniers en Normandie…quant aux Windsor c’est dans les machines à vapeur qu’on les trouvera.

La vie mondaine

A ces chapitres industriels succèdent ceux fort récréatifs dans lesquels Charly Machemehl et Christophe Pécout montrent comment les Anglais et le sport ont favorisé l’essor des premières stations balnéaires : Dieppe, Trouville, Deauville, leurs sont redevables de ce goût pour la sociabilité qui entoure le sport pratiqué avec le fair-play britannique. Golf, baignade, activités équestres et casinos font partie de cette vie où le « leisure » tenait tant de place.

Les villas du littoral si caractéristiques de la Normandie, doivent beaucoup au style et à la présence des Anglais, explique Viviane Manase. Dans cette vie de plaisir il fallait de grandes maisons pour recevoir et se montrer, on cherche le logis ostentatoire car il s’agit d’éblouir l’autre, on emprunte au style anglais ses bow-windows, ses vérandas. Les tourelles et les balustrades enrichissent la bâtisse. L’architecture balnéaire s’approprie aussi le modèle paysager anglais.

Eaux territoriales au mile près

Un chapitre particulier de Daniel Lefèvre montre l’incroyable complexité des règles de pêche avec Jersey et Guernesey où on ne compte pas moins de 9 zones où se répartissent les droits des Français et des Anglo-normands. A ces zones s’ajoutent les limites de pêche entre Français et Britanniques mais avec le temps et les nécessités du commerce des solutions sont trouvées.

Signalons dans le chapitre Regards variés un point sur Octave Mirbeau et la Normandie ; une vision historique de l’évolution de l’environnement du Mont Saint Michel jusqu’à ce qu’il retrouve son caractère insulaire ; une étude sur le clos-masure en Pays de Caux qui espère une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco et un tour d’horizon de l’actualité de la Normandie dans les livres.

En vente en librairie et dans certaines maisons de la presse 8,90 euros. Renseignements pour les abonnements www.etudesnormandes.fr