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Orne : un bel IFRES et de vieilles querelles

Dernière mise à jour 08/09/2017
 Hervé Morin lors de la visite de l'Ifres - photo Bernacki - Région

Collectivités. L’Institut de formation régional en santé (IFRES) d’Alençon c’est d’abord une histoire très ornaise, avec l’association Pierre Noal qui, devant l’absence de formation locale aux métiers de la rééducation, a proposé la création d’un premier centre de formation en masso-kinésithérapie qui a ouvert ses portes en 2003. Dès le départ, le Conseil Département a soutenu cette institution et Christine Roimier, vice présidente du Conseil départemental de l’Orne, le 7 septembre, lors d’une visite de chantier, a souligné que depuis le départ le Département avait investi 4 millions sur cet établissement situé à Alençon, rue Balzac.

Le succès fut au rendez-vous et on passe à la phase extension, un projet d’ampleur pour un montant de 9 millions d’euros qui sera à l’extérieur d’Alençon sur le campus de Damigny. Le Conseil Départemental dans un communiqué annonce qu’il y investit 2,25 millions d’euros. Il faut attendre l’information de presse de la Région pour apprendre qu’elle y contribue aussi à hauteur de 2,25 millions d’euros aux côtés du Conseil Départemental. Bref les articulations de la communication entre les deux structures auraient besoin d’un petit massage. Qu’importe l’essentiel c’est qu’on avance.

Pédicure-podologie et de psychomotricité, nouvelles spécialités

L’importance de l’investissement s’explique par le succès de l’IFRES qui à la rentrée 2017 accueille 516 étudiants. La Région qui définit la carte des formations du secteur sanitaire et social a autorisé l’ouverture de deux nouvelles formations. Il s’agit des premières écoles normandes de pédicure-podologie (20 places en 1ère année) et de psychomotricité (40 places en 1ère année).La durée de chacune de ces formations est de 3 années. A terme, l'IFRES accueillera ainsi 180 étudiants supplémentaires à chaque rentrée. Afin d’accompagner l’ouverture de ces deux nouvelles formations la Région a décidé d’attribuer une aide exceptionnelle 345.000 euros. De son côté le Conseil Départemental a voté, en 2016, une aide au démarrage de la formation de psychomotricité de 165.000 euros.

Le site accueillera donc au total 288 masseurs-kinésithérapeutes qui deviendront 384 à terme de fait de l’allongement des études à 4 années. A cela s’ajoutent 168 ergothérapeutes, 20 pédicures-podologues, 60 à terme (uniquement 1ère année en septembre 2017), 40 psychomotriciens et 120 à terme.

Harmonisation des tarifs et aide à l’entrée dans la vie professionnelle

Si on en croit notre confrère de l’Orne qui était sur terrain alors que normandiexxl n’y était pas, les étudiants en kiné revendiquaient la gratuité de leur formation et Hervé Morin a précisé :

« La gratuité que vous demandez est impossible. Nous avons donc fait le choix d’un équilibrage : vos tarifs diminuent, ceux de Rouen augmentent puisqu’ils étaient gratuits, afin de s’aligner au final sur Evreux. Si votre formation devient gratuite, c’est autant d’investissements que nous ne pourrons plus assumer ».

Ainsi, pour l'année scolaire 2017/2018, le coût facturé aux étudiants de l'IFRES s’élève à 4 700 euros quel que soit leur niveau de formation contre 5 800 euros précédemment. Cette mesure représente une dépense de 400.000 euros apportés par la Région.

Mais le président de la Région a ouvert des perspectives en proposant aux jeunes diplômés de rembourser les frais de scolarités des étudiants s’ils choisissent d’exercer leur métier en Normandie, dans le secteur public, en libéral, ou dans une zone déficitaire en professionnels de masseurs kinésithérapeutes. Ce dispositif entrera en vigueur à la rentrée de 2018.

C’est mon petit !

Les faits le montrent, la coopération entre la Région et l’Orne fonctionne et l’apport financier des deux collectivités permet l’existence d’un établissement mais c’est le syndrome du petit que de se sentir toujours frustré.

Christine Roimier écrit : « Alain Lambert, 1er Vice-président du Conseil départemental de l’Orne, a mené bataille pour obtenir l’ouverture de l’école de masseur-kinésithérapeute. Il était alors ministre du Budget. Ce combat, il le poursuit en tant que président du Conseil général pour obtenir la formation en ergothérapie. Dès 2014, il s’engage encore pour obtenir les formations en pédicurie-podologie et en psychomotricité ». Christophe de Balorre désormais président du département n’a pas assisté à la visite de chantier. Le problème c’est que dans notre société complexe on ne fait pas un beau bébé tout seul et cela Alain Lambert ne semble pas disposé à l’accepter.

Ginette Bléry