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En vue


Hervé Morin à la fête de la Pomme : « Je ne suis pas en marche mais, comme vous, je veux que ça marche »

Dernière mise à jour 03/09/2017

En vue. Rituel de rentrée en Normandie, la Fête de la pomme, d’Hervé Morin, organisée comme toujours le premier samedi de septembre, bénéficie de la protection des dieux de la météo qui fait que cette rencontre est toujours marquée par une embellie ensoleillée.

Près de 500 personnes sont venues au Manoir de la Fortière, à Epreville-en-Lieuvin, dans l’Eure, un lieu au milieu de nulle part mais que le GPS identifie désormais parfaitement, symbole de la révolution numérique en cours… On n’est plus dans les grandes assemblées qui s’étaient ruées en 2015 avec plus de 1.000 personnes avant les élections régionales, nous sommes revenus en quelque sorte au socle des fidèles avec près de 500 participants. A noter que l’équipe des vice-présidents de la Région et de ceux qui participent à la construction de la Région étaient largement présents y compris ceux qui ont affirmé leur sensibilité pour le Président Macron.

En ces temps de dissolution des partis politiques, où droite, centre et gauche cherchent leurs marques on attendait que le président de la Région mais aussi président du Nouveau Centre, trace des perspectives. Il en a donné les grandes lignes choisissant de fixer les axes essentiels : il souhaite que : « se rebâtisse une formation avec une politique ouverte sur les problèmes de notre temps, girondine, libérale, européenne, ouverte sur le monde. » Ce sont les territoires qui peuvent être les lieux de la recomposition et il donne en exemple, la politique régionale où les diverses tendances savent travailler ensemble « c’est là que se trouve le pilier majeur » c’est à partir des territoires que la renaissance de la France peut se faire et « tout changera quand le Président de la République l’aura compris »…ce qui est loin d’être le cas pour le moment.

Macron je veux qu’il réussisse. Sincèrement. Pourtant j’ai des doutes

Son analyse de la politique gouvernementale le conduit à mettre en évidence les contradictions.

Concernant les travailleurs détachés, il approuve la tournée européenne du Président Macron pour affirmer que ce système est une « trahison de l’esprit européen » mais il annonce : « J’ai des doutes car, derrière les caméras, l’Etat s’oppose à la mise en œuvre de la clause Molière et aux dispositifs mis en place par les Régions précisément pour lutter contre le travail détaché. Pendant que le Président affiche ses positions, il donne l’ordre de déférer auprès des tribunaux les marchés pris par ces collectivités avec des dispositions luttant contre le travail détaché. Alors, posture ou imposture ? 

Ardemment girondin, c'est-à-dire partisan d’une large autonomie des Régions, Hervé Morin observe que : « le fait de faire porter aux collectivités seules l’effort national de réduction des dépenses publiques, c’est ni plus ni moins que recentraliser, qu’affaiblir le pouvoir local au profit d’un Etat de plus en plus jacobin. » Et là il n’est pas du tout d’accord : «La France de demain ce n’est pas seulement l’Etat. C’est la France des territoires, des régions, des métropoles, la France d’une ruralité qui est également moteur de dynamisme ».

Il se veut force de proposition

Ces constats ne l’empêchent pas d’avancer et il a mis en marche des propositions pour que la Région prenne toute sa part dans l’action.

Il a proposé au Président de la République d’engager la Région dans deux chantiers d’expérimentation ambitieux. Le premier concerne le lycée du futur, avec des expérimentations du numérique dans la pédagogie, avec aussi un accompagnement dans leurs choix des jeunes et de leur famille. Pour le second, après tout le travail mené sur la formation et l’apprentissage « la Majorité Régionale a également décidé de se porter candidate à un élargissement par expérimentation de ses compétences au secteur de l’emploi et à un pilotage complet de la formation professionnelle et de l’orientation. La Région Normandie est légitime à le revendiquer. »

Toujours dans un esprit de décentralisation, le Président de la Région a demandé au Premier Ministre : « que les grands ports maritimes soient gérés par les collectivités décentralisées » quant à cet axe Seine qui représente 40% du PIB national il en revendique aussi : « une gouvernance politique menée par la Normandie. »