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L’humain au cœur du Trophée Silver économie

Dernière mise à jour 19/06/2017
G.à D l'équipe de David de Stoppeleire, celle de Frédéric Morel et Jean-Michel Szydlowski de la CEN

Economie. Lancé en février de cette année par la Caisse d’Epargne de Normandie, le Trophée Silver économie a été décerné le jeudi 16 juin : Frédéric Morel de la société AZNetwork a reçu le Trophée de 10.000 euros et David de Stoppeleire a bénéficié d’un coup de cœur (2.000 euros) pour son Ecran Pratik. 23 dossiers ont été reçus, dont 12 jugés vraiment intéressants et le jury constitué de personnes qualifiées a travaillé toute une journée. La remise des prix s’est faite en leur présence avec Valérie Egloff, conseillère régionale, des représentants de l’ARS, de Bpifrance, de l’ADN…

Pour Jean-Michel Szydlowski, membre du directoire de la CEN, le « bien-vieillir » est un enjeu sociétal et économique majeur pour l’ensemble des territoires et plus encore pour la Normandie. Si, en 2000, elle était la région la plus jeune de France, elle est en effet celle qui, désormais, vieillit le plus rapidement. La Normandie fait, par ailleurs, partie des 7 régions françaises les plus prisées par les personnes âgées pour leur retraite.

Dans ce contexte, la Caisse d’Epargne Normandie, en collaboration avec Techsap Ouest, a décidé de lancer un appel à projets dont l’objectif est de favoriser la mise en œuvre, en Normandie, d’innovations apportant des réponses concrètes aux personnes âgées.

Dans le cahier des charges il s’agit de favoriser le maintien à domicile dans le confort et la sécurité, d’améliorer la qualité de vie, de préserver l’autonomie…

Faire dialoguer les objets connectés et sécuriser la confidentialité

AZNetwork est une entreprise d’Alençon spécialisée dans la protection des données personnelles, sa vocation d’hébergeur de données de santé à caractère personnel date de 2013. L’entreprise travaille avec l’ARS (Agence Régionale de Santé) la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie), et est experte en E-santé.

Anaïs Martin ingénieur informatique et télécom, option biomédicale travaille chez AZNetwork depuis cette année et a mis au point un logiciel pour connecter les données liées au différentes mesures qu’un sénior peut avoir à suivre : poids, température, tension, diabète…Les objets connectés communiquent entre eux et cette information, centralisée sur une tablette, peut être transférée aux personnes concernées…infirmières, médecins, aidants…Ceci sous réserve que le sénior l’accepte. Tout un travail est donc mené en parallèle sur l’acceptabilité de la transmission des données, sur sa simplicité technique et sur la protection des données. Le prix de 10.000 euros va servir à 30% à l’achat d’objets connectés pour la mallette mise à la disposition du sénior et à 70% pour le travail sur l’ergonomie et sur l’acceptabilité du dispositif, notamment en ce qui concerne la transmission des données.

L’Ecran Pratik veille sur vous

David de Stoppeleire qui fut dirigeant chez Normandie TV, a vu dans l’écran de télévision et dans sa télécommande un moyen d’assurer une communication avec le sénior isolé. Non content de regarder la télévision, le sénior est aussi regardé par son écran qui est muni d’une caméra. Un ensemble d’objets connectés liés à la télécommande permet de détecter des anomalies de comportement : chute mais aussi absence de mouvement ou absence de consommation d’eau qui vont déclencher des alarmes chez les aidants. Plus simplement, grâce à la caméra sur l’écran le sénior peut aussi participer à une téléconférence que ce soit avec son médecin ou avec ses petits-enfants. Là encore l’apport de la Caisse d’Epargne de Normandie va servir à des acquisitions de matériels et à la poursuite d’expérimentations…la grand’mère de David de Stoppeleire paraissant pour l’instant son cobaye idéal.

Mieux vieillir dans une société numérisée ?

Cette démarche de la CEN s’inscrit dans la longue tradition d’aide à la personne propre à cette institution. La longévité pose de nouveaux enjeux à la société car le coût des maisons de retraite est prohibitif pour la plupart des revenus des séniors et la vie est loin d’y être satisfaisante. Les ghettos fussent ils dorés, ne sont jamais de bonnes solutions. Le maintien à domicile dans un univers de familles éclatées et recomposées, d’éparpillement géographique, d’individualisme exacerbé, est lui générateur de solitudes et de risques. Les technologies du 21e siècle apportent sans aucun doute un commencement de solution, l’important étant de se souvenir sans cesse que rien ne remplace le contact physique et la chaleur humaine…même si le son de la voix transmise par les téléphones crée un lien physique vital… sous réserve que l’audition ne soit pas trop défaillante.