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Conjoncture du bâtiment normand en 2017 : la progression continue, plus lente qu’en France, et sa pérennité est loin d’être assurée

Dernière mise à jour 30/01/2018

L’océan des périls des années à venir

Le président de la FFB de l’Eure Philippe Bougard a souligné, lors de ses vœux, les difficultés de recrutement des entreprises : « une situation d’autant plus paradoxale que le bâtiment eurois a perdu plus de 2.000 emplois depuis 2008. Où sont passés ces salariés? » s’interroge-t-il. Et de citer les métiers en pénurie : « maçonnerie, personnel d’encadrement, au global l’ensemble de la filière est en tension ». Notons que tout au long de 2017 le nombre de demandeurs d’emploi BTP catégorie A reste calé aux envions de 15.000 personnes...mais il était de plus de 17.000 en décembre 2016, il y a donc une modeste amélioration. Une fois de plus se pose le problème de l’inadéquation entre les qualifications des demandeurs d’emploi et celles des postes proposés.

Au-delà du manque de personnel, ce sont surtout les nouvelles mesures législatives qui risquent de pénaliser la reprise dans le bâtiment avec : la transformation de l’impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI), avec les restrictions apportées au CITE (Crédit d’impôt transition énergétique) et celles sur le PTZ et le Pinel, avec aussi la potion amère infligée aux HLM ainsi Jacques Chanut anticipe déjà « une baisse de 2,6% des mises en chantier en 2018 ».

Ajoutons à cela recul du crédit, selon l’Observatoire CSA-Crédit logement de janvier 2018, en immobilier dans le neuf, pour Michel Mouillard : « 2018 n’est pas une année de remontée des taux, en revanche c’est une année de dégradation de la demande à la suite de hausses de prix et de baisse de soutien public. »

A travers les départements normands

Premier constat qui saute aux yeux en regardant le graphique sur les logements neufs commencés, les tendances négatives ont complètement disparu et les progressions s’étalent de 5% en Seine-Maritime à 36% dans l’Orne. Paradoxe de la partialité des informations apportées par les pourcentages dans l’Orne les logements commencés s’établissent à 460 alors qu’en Seine-Maritime ils sont 6.110 ce qui est bien normal puisque ce département est le plus peuplé. Pour les autres départements on trouve : Calvados : 4.547, Eure : 2.236, Manche : 1831.

Ginette Bléry

Economie. Le retournement de situation est là et après huit années de crise dans le bâtiment, une année de petite amélioration en 2016, la croissance s’est nettement renforcée en 2017. En France, c’est le logement qui a constitué le principal vecteur de la croissance avec une production en hausse de 12,8% en 2017, alors que la Normandie n’affiche que 9% sur les 11 premiers mois de l’année. 410.000 logements ont été mis en chantier sur le territoire national, en Normandie ils ne sont que 15.184, loin des plus de 31.000 que représenterait le 13e du chiffre total ! (pour mémoire il y a 13 régions).

Selon Jacques Chanut, président de la FFB « la reprise du non résidentiel neuf constitue une bonne surprise » les locaux s’inscrivent en hausse de 11,1% en 2017. Bonne nouvelle, en Normandie la progression est de 15% sur un an en novembre pour les mises en chantiers de locaux. Cela signifie surtout que le chiffre de novembre 2016 était bien mauvais et cette belle progression doit d’autant moins faire illusion que les locaux autorisés régressent de 20%.

Toutefois une certaine reprise est là dans le bâtiment normand, il faut simplement espérer que l’année qui vient ne contrariera pas cette belle tendance car 2018 est un véritable océan de périls pour le bâtiment.