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Panorama de la transition énergétique en Normandie

Dernière mise à jour 25/01/2018

Culture. Le numéro 4 d’Etudes Normandes disponible à la vente nous embarque dans le monde de latransition énergétique à laquelle 48 pages sur 80 sont consacrées. Après lecture vous connaîtrez vraiment les grands enjeux de cette terre « énergétique » qu’est notre Région avec la présence de la pétrochimie, de l’électricité nucléaire, de l’éolien, de la méthanisation, de l’hydrogène…

L’addiction au pétrole pas vraiment prête à s’éteindre

La revue traite des énergies dans leur globalité, et le pétrole, même s’il ne manque pas d’être vilipendé par certains, représente actuellement 34% de l’énergie mondiale. Il comptera encore pour 32% en 2040 selon le graphique de l’UFIP présenté par Marc Granier qui en est le délégué régional. C’est une chance pour la Normandie que d’avoir les plateformes Total de Gonfreville-l’Orcher et celle d’Esso à Notre-Dame-de-Gravenchon qui avec leur 24 millions de tonnes /an de capacité de raffinage emploient 4.000 collaborateurs et investissent 150 million par an. Leur pérennité dépend largement du taux de marge qu’obtiennent les industriels et ce dernier dépend du prix du brut qui a baissé depuis l’exploitation du gaz de schiste « une révolution sous-estimée en France » constate l’auteur.

Le nucléaire, une électricité décarbonnée

Terre d’énergie nucléaire aussi, Alban Verbecke délégué régional EDF rappelle que la Normandie est « le deuxième plus grand parc nucléaire de France avec 17% des capacités nationales installées Paluel, Penly et Flamanville ».  Il remet les pendules à l’heure en soulignant que le nucléaire est non seulement une énergie décarbonnée mais aussi une énergie fiable : « si les énergies renouvelables (hydrauliques compris) représentent 35% de la puissance électrique installée en France, dans les faits, en 2016, elles n’ont produit que 18,7% de l’électricité française ». Il faut du vent pour l’éolien, du soleil pour le solaire, de l’eau pour l’hydraulique et ces sources d’énergie ont comme caractéristique d’être aléatoires. Quant aux déchets du nucléaire, 96% sont recyclés, le reste représente 5 grammes par an et par habitant (une pièce de 20 centimes d’euros), il est stocké en sécurité à la Hague en attendant la vitrification que devrait apporter le projet Cigeo de Bure dans la Meuse.

Les détracteurs du nucléaire ont aussi la parole avec Yves Marignac, directeur d’une agence en conseil et expertise sur le nucléaire, il voit dans « la présence du nucléaire un frein puissant au développement du photovoltaïque qui, en Normandie, ne représente que 1,8% de la capacité nationale »… les carences d’ensoleillement ont sans doute pesé dans cette orientation des choix ! Quant au faible développement de l’éolien (5,5% de la capacité nationale) ne faut-il pas se tourner vers la lourdeur des procédures administratives et les guéguerres des associations qui retardent sans cesse le lancement des trois grands projets d’éolien en mer.

Eolien en mer…vent debout

Gérald Orange, professeur de gestion de l’université de Rouen, fait un point précieux sur les trois sites éoliens offshore – Courseulles-sur-Mer, Fécamp et Dieppe Le Tréport – qui dans le meilleur des cas ne verront pas le jour avant 2020. Tableaux à l’appui on revoit toutes les étapes de cette genèse compliquée et les multiples intervenants. Même si les techniques ont progressé, la rentabilité de l’éolien passe par la CSPE (Contribution au Service Public de l’Electricité), une taxe figurant en tout petit au bas de la facture de la consommation électrique, taxe qui ne cesse de progresser au fil des ans.

L’hydrolien originalité normande

La géographie a doté les côtes normandes de deux zones de production d’énergie hydrolienne : le raz Blanchard, situé entre Aurigny et le cap de la Hague, et le raz de Barfleur, situé au large du phare de Gatteville. Des courants sous-marins à fort potentiel qui peuvent faire tourner des turbines appelées hydroliennes. C’est une énergie régulière, non polluante, de forte capacité mais la technique est complètement nouvelle. Jacques Chatelet directeur d’OpenHydro une filiale de Naval Energies (anciennement DCNS) en explique l’historique et les principes. Sylvain Guillou éclaire la démarche scientifique menée par le laboratoire Lusac dont il est le directeur adjoint. Le laboratoire universitaire des sciences appliquées de Cherbourg (Lusac) dépend de l’université de Caen et travaille entre autres sur les énergies marines renouvelables.

L’hydrogène un vecteur énergétique d’avenir

Régis Saadi président du cluster Hydrogène normand nous conte les merveilles de cette énergie de demain qui pointe déjà son nez en Normandie : elle n’émet ni gaz à effet de serre, ni polluants, seulement de la chaleur et de l’eau. L’hydrogène associé aux piles à combustible qui transforme l’hydrogène en électricité peut constituer une motrice pour de nombreuses applications. La mobilité électrique hydrogène présente de nombreux avantages : rapidité de ravitaillement, autonomie des véhicules. Grâce au projet normand EAS-HyMob, 15 stations vont équiper la Normandie pour une flotte de 250 véhicules dès 2018.

Ajoutez à cela un peu biogaz produit chez les agriculteurs, une pincée de cluster solaire et vous avez un tour d’horizon très complet de l’énergie en Normandie. Des villes comme Malaunay ou Alençon prennent des longueurs d’avance en impliquant les populations dans la transition énergétique.

Ce numéro 4 d’Etudes Normandes propose aussi une trentaine de pages avec des thèmes très variés : naissance et développement du tourisme au Mont-Saint-Michel, une étude sur la réhabilitation des friches industrielles et militaires en friches culturelles. Au programme aussi l’enjeu de longue durée que représente la conservation des friches marines et une moisson de lectures avec une courte présentation des nouveaux livres qui traitent de la Normandie.

Etudes Normandes est édité par Orep : 8,90 euros en vente chez les libraires et dans les grands kiosques ou www.etudesnormandes.fr

 

G.B.

8,90 euros en vente chez les libraires et dans les grands kiosques