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Port de Rouen : l’urgence d’une diversification

Dernière mise à jour 24/01/2018
La plus mauvaise performance de ces 6 dernières années

Economie. Si l’ensemble Haropa (Le Havre - Rouen - Paris) a entonné les trompettes de la renommée pour annoncer sa hausse de 6% du trafic en 2017 par rapport à l’année antérieure, ce succès n’est pas dû au port de Rouen qui, sur la même période, a vu son activité reculer de 4,6%. A 20 millions de tonnes au total, l’année 2017 est la plus mauvaise sur les six dernières années. Le total des importations s’élève à 8 millions de tonnes en recul de 9,5% et celui des exportations à 12 millions de tonnes, elles ne baissent que de 0,9%

L’enfer des vracs solides

La plus grosse part des vracs solides est constituée par les céréales, principale cause des mauvais résultats. On a déjà vu l’impact de la mauvaise récolte céréalière dans les résultats de Sénalia. Au plus fort de la crise, en février 2017, le trafic des céréales à Rouen est allé jusqu’à enregistrer sur un an, une chute de 42%. Au fil des mois le dérapage s’est progressivement adouci pour terminer avec un recul de 8,7% par rapport à l’année antérieure. Cette contreperformance a pesé sur les résultats d’Haropa dont le poste vracs solides s’élève à 11 millions de tonnes, il est donc constitué aux trois quarts par le trafic rouennais.

Une telle situation rappelle une fois de plus le manque de diversification du port de Rouen, dans une bonne année comme en 2015, les vracs solides représentent 50% du trafic du port, une grave situation de dépendance.

Autres postes en recul

Les vracs liquides, autre grande activité du port rouennais, sont constitués en grande partie des produits pétroliers qui continuent à  subir un tassement (-1;1%). En décembre 2012 ce poste représentait 10,5 millions de tonnes, nous en sommes à 9,8, les pressions actuelles de notre politique nationale contre les hydrocarbures n’incitent pas à penser que nous aurons un retour à meilleure fortune dans ce domaine.

Si les conteneurs caracolent au Havre avec une croissance de 15% pour 29 millions de tonnes, l’heure est au repli à Rouen. D’ailleurs mis à part des destinataires locaux, ce port n’a peut être pas vocation à être un port pour les conteneurs. On frémit quand on entend le groupe Soufflet raconter à notre confrère Les Echos qu’en raison de l’absence de chatière autorisant à ses péniches un accès direct à Port 2000, ces bateaux chargés de malt destiné à l’exportation qui transitent sur la Seine, déchargent les conteneurs à Rouen d’où ils seront transportés par camion jusqu’au Havre (Les Echos - 22 janvier. Page 19). Voici un trafic qui disparaîtra le jour où un accès rationnel à Port 2000 aura été créé. La réponse est normalement pour avril 2018…restera encore le temps de la réalisation.

+ 26,5% pour les produits forestiers…un trompe l’oeil

Ce poste comprend le bois qui, à 118.345 tonnes, progresse de 15% et la pâte à papier qui a 181.509 tonnes bondit de 35%, mais il s’agit d’une compensation par rapport à une année 2016 bien médiocre. La papeterie d’Alizay désormais appelée Double A n’a jamais retrouvé les rythmes de production antérieurs, en 2011, les importations atteignaient 491.000 tonnes, elles ne sont plus que de 301.000 tonnes. Le développement de la communication numérique met le papier à l’épreuve...c’est sans doute pour cela que M. Macron a inventé récemment une nouvelle taxe pour l’industrie papetière.

Ginette Bléry

Pratiquement tous les postes importants sont en recul