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Haropa 2017 : une progression satisfaisante pour ceux qui ont la mémoire courte

Dernière mise à jour 11/01/2018
Les chiffres n'ont de sens que si on les remet en perspective sur une longue période

Economie. Avec une progression de 6% de son trafic maritime à 92,64 millions de tonnes en 2017, Haropa parle « d’année historique » c’est avoir la mémoire un peu courte. La belle progression de 2017 par rapport à l’année passée n’est due qu’aux mauvais résultats de 2016. Ceux-ci étaient liés à la malheureuse conjonction d’une mauvaise récolte céréalière et une baisse d’activité du secteur pétrolier. Il suffit de remonter quelques années avant pour trouver des résultats autrement consistants : 97,7 millions de tonnes en 2010, 93,9 millions de tonnes en 2011…

Des secteurs traditionnels en souffrance

Le secteur des vracs liquides qui correspond largement aux produits pétroliers n’a progressé de 5% que parce Le Havre avait notamment subi en mai - juin 2016, les effets de la grève contre la loi travail à cela s’ajoutaient des travaux qui avaient eu lieu dans les raffineries, affectant leur fonctionnement. La progression vient « du fait de l’activité des raffineries normandes qui ont tourné à plein régime, induisant par ailleurs une diminution des importations de produits raffinés » déclare le communiqué. Le plein régime en 2010 se traduisait par 54,8 millions de tonnes, on en est bien loin.

Dans les vracs solides dont les céréales représentaient la plus grande part, celles-ci sont encore en retrait de 18%  mais cette production agricole comme tout ce qui touche à cet univers est très cyclique et dépend de la météo. Par contre les matériaux de construction sont fortement orientés à la hausse, respectivement +19% (maritime) et +14% (fluvial) matérialisant le dynamisme du BTP, la construction du Grand Paris et le potentiel du transport fluvial pour ce marché.

Les nouveaux points forts

Les conteneurs

Les secteurs d’activité en progression montrent un changement de nature de l’activité, ainsi en va-t-il des conteneurs dont la progression a été régulière depuis ces 8 dernières années. Le trafic s’est accru de 15% pour atteindre plus de 29 millions de tonnes. Ceci représente 3 millions de «  boîtes » comme disent les professionnels, sur une année à l’import et à l’export. Selon Hervé Martel, le directeur général du port du Havre et vice-président d’Haropa, « ce résultat est le fruit d’un développement général de la filière logistique qui associe une offre de services maritimes de premier plan, un passage de la marchandise performant, des zones logistiques connectées en plein développement et des services diversifiés et multimodaux de transport terrestre ».

Haropa accueille depuis avril 2017 les trois alliances « 2M », « Ocean Alliance » et « The Alliance » rassemblant l’ensemble des armements maritimes sur les trades transatlantiques et Asie-Europe et bénéficie des synergies.

Croisière et tourisme

La croisière maritime est, elle, vraiment à son plus haut historique. En 2010 on n’enregistrait que 168.089 passagers, le seuil des 400 000 passagers au global est largement dépassé au Havre, à Honfleur et à Rouen qui ont accueilli près de 200 paquebots. Le secteur de la croisière fluviale dans ses différentes composantes est également en nette progression (7,5 millions de passagers « promenade » à Paris, près de 80 000 passagers pour la croisière avec hébergement sur la Seine aval).

Perspectives 2018

De nouveaux services ferroviaires et fluviaux et notamment la création d’une navette ferroviaire vers la Suisse et d’une nouvelle liaison fluviale intérieure allant du Havre à Bonneuil-sur-Marne à l’amont de Paris.

Baisse des tarifs d’environ 25% pour les navires de grande taille. Suite à la mauvaise campagne céréalière 2016/2017 liée à la récolte 2016 décevante, Haropa - Port de Rouen met en place un plan tarifaire de soutien à la filière en cohérence avec la fin des travaux d’approfondissement de son chenal qui permettra une augmentation de la taille et du volume de chargement des navires.

L’innovation : l’ensemble portuaire poursuit son ambition en tant que « green port» toujours plus respectueux de l’environnement, et de « smart port » à la pointe de la technologie numérique pour faciliter les échanges de données et fluidifier le passage de la marchandise. Les initiatives sont nombreuses, souvent collaboratives en impliquant autorités et acteurs portuaires. Dans le domaine du « green Port », elles portent notamment sur l’utilisation du gaz et de l’électricité en substitution des produits pétroliers pour les navires et le camions. Dans le domaine du « smart Port », l’action a été structurée en 2017 via un Groupement d’Intérêt Scientifique, le GIS Trafis, qui rassemble la Douane, SOGET, l’Université du Havre et Haropa pour la mise en œuvre d’un programme de recherche appliquée.

Fier de ce qu’il considère comme de ces bons résultats, Hervé Martel constate : « qu’Haropa conforte son importance au sein des ports du range nord-européen : sur les 7 dernières années, son poids est passé de 5,86% en 2011 à près de 7% en 2017 selon nos estimations, soit une progression de 1,1 point ».

Ginette Bléry