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L’Alpine de Dieppe, la haute-couture de la voiture

Dernière mise à jour 19/12/2017
Coupe du ruban symbolique : Préfète, C. Ghosn, B. Le Maire, S. Jumel,X, S. Gaugain

Economie. Dieppe, le 14 décembre, inauguration de la nouvelle ligne de production de l’Alpine A110, Carlos Ghosn, Président-Directeur général de Renault et Bruno Le Maire, Ministre de l'Économie visitent l’atelier d’assemblage de la carrosserie. Le premier affirme la passion d’un Groupe qui « voit dans ce modèle un symbole de l’excellence et la culture française avec le désir de rester fidèle à ses racines », le second : « se dit viscéralement attaché à l’industrie et voit dans ce site un symbole de la ré industrialisation de la France. » Il avoue aussi que ce véhicule est un de ses rêves d’enfance.

Atelier spectacle

L’espace auquel la masse des journalistes accède est l’atelier de montage de la carrosserie de l’Alpine. Il est conçu pour que nous puissions nous repaître du spectacle car une passerelle surplombe l’atelier en son milieu : vaste vue d’ensemble des diverses étapes du montage et possibilités infinies de prises de vues. On l’aura compris nous sommes dans un atelier spectacle et la production de l’Alpine est la vitrine de Renault. L’impression de mise en scène est complétée par les tenues du personnel au blouson bleu-France impeccable portant la signature Alpine. Même Sébastien Jumel, ancien maire de Dieppe devenu député l’a revêtu, Carlos Ghosn et Bruno Le Maire communient avec la même tenue.

Cousu main…avec les robots

Les sensations sont contradictoires, l’organisation du travail s’apparente à celle d’une usine du 19e siècle…avant la naissance du taylorisme, car une équipe s’affaire autour d’un véhicule qui passera ensuite entre les mains d’une autre équipe. C’est aussi un atelier du 21e siècle car les robots sont là à chaque étape ainsi qu’une multitude de contrôles. Bref un mélange de travail manuel et de technique hautement sophistiquée qui s’apparentent à la haute couture.

Le vaste espace de montage est très clair, la carrosserie en aluminium (à 96%) allège le poids final (1.080 kg) et contribue à la rapidité de l’accélération (4,5 secondes pour passer de 0 à 100 km/h). Les pièces préformées sont fabriquées chez des sous-traitants (2 à l’étranger, un en France). Pas de rivets pour les faire tenir mais un collage, pas moins de 60 photos sont réalisées par véhicule afin de s’assurer de la fiabilité de cette opération.

Le moteur est un 4 cylindres turbo essence 1,8 litre de cylindrée et 252 ch, en position centrale arrière mais on ne verra rien de sa mise en place.

Par contre la visite se concentrant sur l’exigence de qualité finale, nous verrons moult boîtes à lumière, où la voiture prend place et est examinée « à la loupe » pour s’assurer de la qualité de la peinture et des finitions.

Une histoire normande

Etat avec la Préfète Fabienne Buccio, Conseil Régional avec Sophie Gaugain, Mairie avec Sébastien Jumel…pour n’en citer que quelques uns tous étaient là, car tous ont contribué à la renaissance de cette usine en apportant chacun sa participation financière. La mise en orbite de ce modèle demanda foi, passion et obstination.

Berceau historique de la marque, l’usine construite par Jean Rédélé en 1969 est spécialisée dans la petite série sportive… mais la Berlinette disparaîtra et sa renaissance ne se profile qu’en 2012. Carlos Tavares, alors n°2 de Renault et Laurens van den Acker, patron du design sonnent le réveil de la belle endormie. Une alliance se met en place avec l’anglais Caterham spécialiste des voitures de sport, elle explose en 2014. Malgré cela, malgré le départ de Carlos Tavares, Carlos Ghosn décide de poursuivre le projet. Tout le monde met au pot : la Région (6 millions d’euros) l’Etat et Renault, officiellement on nous dit que 35 millions d’euros sont investis (d’autres sources parlent de 630 millions, tout dépend de la définition du périmètre pris en considération).

Ce qui est sûr c’est qu’avec la transformation de l’usine dans les standards de l’Alliance Renault / Nissan et la production industrielle spécifique de la nouvelle Alpine A110, l’usine de Dieppe entre pleinement dans l’univers du Premium.

Sur le plan humain, l’entreprise qui ne comptait plus que 220 personnes, en emploie maintenant 397 et un gros travail de formation a été mené avec notamment la création d’un centre de formation.

La qualité pas la quantité

Pour l’instant le succès est au rendez-vous. La nouvelle Alpine sera d’abord commercialisée en série limitée à raison de 1 955 exemplaires, clin d’œil à la date de création de la marque, à un prix d’environ 58 000 euros en teinte blanc, bleu et noir. La première édition numérotée a été vendue en cinq jours et même deux jours pour les modèles réservés à la France. Désormais il va vous falloir attendre un an si vous souhaitez passer commande.

Ginette Bléry

Les premières étapes du montage