En vue


Hervé Maurey : « il y a un déni de réalité du Gouvernement face aux déserts médicaux en milieu rural »

Dernière mise à jour 05/12/2017

En vue. Le sénateur de l’Eure, Hervé Maurey a interpellé Sophie Cluzel, secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées en posant une question orale le 21 novembre sur les déserts médicaux auxquels il considère que le plan présenté le 13 octobre dernier n’apporte pas de solution réelle.

On renonce à se soigner

Les faits et les chiffres qu’il a rappelé sont éloquents : « Selon une étude récente, 148 cantons ne comptent plus aucun médecin généraliste, alors que ce chiffre était de 91 en 2010. Le département de l’Eure, dont je suis élu, compte 1,7 médecin pour 1 000 habitants, contre 7,5 à Paris, soit un rapport de un à quatre ».

Il faut attendre en moyenne dix-huit jours en France pour rencontrer un pédiatre, quarante jours pour un gynécologue et cent trente-trois jours pour un ophtalmologiste. Finalement 70 % des Français qui résident dans des déserts médicaux renoncent à se faire soigner.

Les propositions de la Commission sénatoriale

La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable demande la mise en place d’un conventionnement sélectif, selon le principe « une installation pour un départ » dans les zones surdotées. Ce système a été mis en place pour d’autres professions de santé – infirmiers, sages-femmes, orthophonistes et chirurgiens-dentistes – et a prouvé son efficacité. Aujourd’hui, son extension aux médecins est de plus en plus souhaitée par les associations d’élus et les parlementaires. Des amendements au Projet de loi de finances de la Sécurité Sociale (PLFSS) allant en ce sens ont été signés par 110 sénateurs.

Le plan gouvernemental

  • généralisation de la téléconsultation et de la télé-expertise, en permettant aux professionnels les pratiquant d’être rémunérés et en équipant tous les EHPAD et toutes les zones sous-denses d’ici à 2020.
  • doublement du nombre de maisons de santé pluri-professionnelles en cinq ans grâce à un programme d’investissement de 400 millions d’euros dans le cadre du Grand Plan d’investissement.
  • Agnès Buzyn souhaite aussi développer les consultations avancées et créer des postes d’assistant partagé. Le cumul emploi-retraite pour les médecins installés est inscrit dans le PLFSS pour 2018.
  • Ajoutons à cela 50 000 euros sur trois ans pour l’installation d’un médecin dans les zones sous-denses.
  •  Trois délégués ont été nommés pour intégrer le comité de suivi : Thomas Mesnier, député (LREM – Charente), Élisabeth Doineau, sénatrice (Mayenne – Union Centriste), et Sophie Augros, présidente du syndicat des jeunes médecins ReAGJIR. Ils auront la charge de suivre le plan sur les territoires et de faire remonter les initiatives innovantes du terrain.

Hervé Maurey regrette que le Gouvernement n’ait pas pris conscience de l’ampleur du problème pour les territoires ruraux. Il ne manquera pas de l’interpeller à nouveau pour lui rappeler son engagement d’évaluer l’efficacité de son plan et d’en tirer toutes les conséquences le moment venu.

Hervé Maurey