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Agnès Buzyn dans l’Eure : piqûre de rappel sur la politique de lutte contre les déserts médicaux

Dernière mise à jour 28/11/2017
G à D : le Préfet de l'Eure Thierry Coudert, Agnès Buzyn, Sébastien Lecornu

Collectivités. 10 minutes étaient prévues pour l’interview, elles furent plutôt 5. Alors la première question qui est venue pour la Ministre des solidarités et de la santé fut « que faites-vous pour les déserts médicaux de ce département ? »

La situation demande à être nuancée car les problèmes ne sont pas les mêmes d’une localité à l’autre tantôt ce sont les généralistes qui manquent, tantôt les spécialistes, d’autres fois il s’agit d’une carence d’infrastructures.

Agnès Buzyn rappelle que la réponse a été donnée dans les 20 mesures prises pour favoriser l’accès aux soins, il s’agit  surtout d’une approche pragmatique qui repose tout à la fois sur des changements d’organisation et surtout de comportements. Voici ce qu’expliquait la ministre au Parisien le 16 juin 2017 :

« Il faut être ingénieux ! Prenez le cas d'une ville avec un ou plusieurs hôpitaux. Une à deux fois par semaine, certains médecins pourraient être «détachés» pour aller donner une consultation dans les endroits en désertification, sans avoir l'obligation d'y vivre. Idem pour les médecins libéraux. Dans un rayon de 30 km à 50 km, ils pourraient faire une consultation temporaire. La télémédecine doit être déployée, pour des consultations en dermatologie, en psychiatrie par exemple ». Changement d’organisation mais aussi appel à l’esprit de service…qui n’est peut être plus aussi présent dans la profession qu’auparavant.

Maison de santé et télémédecine

La ministre évoque aussi dans le même ordre d’idée de : « faciliter le cumul emploi / retraite pour les médecins, l’envoi d’étudiants dans les cabinets ruraux, et le recours intensif aux maisons de santé ». Il en existe 910 actuellement en France et leur nombre doublerait sur le quinquennat grâce à un budget de 400 millions d’euros. Ces dernières sont sensées favoriser l’installation de médecins…mais il existe aussi des maisons de santé qui restent sans médecin, ce n’est pas parce qu’on offre une coquille, qu’elle trouve preneur.

Le recours à la télémédecine est aussi au programme, elle permet par exemple de demander à une infirmière, guidée par un médecin qui se trouve à distance, de mener une consultation ou d’effectuer des soins dermatologiques.

Le gouvernement propose «  un panel de solutions adaptables à chaque territoire  », des «  mesures de simplification législatives ou réglementaires  » pour «  soutenir les organisations innovantes ».

Numerus clausus

Il n’est pas prévu dans un bref avenir de revenir sur le numerus clausus qui est partiellement la cause de l’actuel manque de médecins, « la mesure prise maintenant ne sera efficace que dans 12 ans en raison de la durée des études mais cette situation sera étudiée ultérieurement ».

Installation obligatoire dans les déserts médicaux ?

Quant à limiter la liberté d’installation des médecins, Agnès Buzyn ne croit pas que ce soit la bonne solution, « cela ne marchera pas ». Le risque est d'avoir des personnes qui ne veulent plus faire ce métier ou de les voir partir vers l'industrie pharmaceutique. En revanche, on peut les attirer avec des mesures fiscales avantageuses. Si on ne fait rien, la situation va empirer dans les dix prochaines années.

Quelle grève des dentistes ?

Essayant de retenir encore une minute, un journaliste lui demande ce qu’elle pense de la grève des dentistes. La réponse tombe surprenante, ce n’est pas une formule de style, elle n’a pas entendu parler de cette grève. Pour mémoire, les professionnels de santé sont appelés à faire grève jusqu'au 2 décembre, afin de protester contre la réforme de leurs tarifs.

Matinée chargée

Le 28 novembre, Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, Sébastien Lecornu, secrétaire d’état auprès du ministre de la transition écologique mais aussi et surtout ancien président du Conseil départemental, ont plongé dans l’Eure profonde. Au petit matin à Vernon table ronde avec des associations représentatives des acteurs de la solidarité puis échange avec les agents du Conseil départemental sur la protection de l’enfance. Conférence de presse expresse, déjeuner républicain avec les élus.