En vue


Normandie-Niemen du cœur battant des commémorations normandes à l’action de ce régiment au présent

Dernière mise à jour 24/11/2017
Le groupe réuni devant le monument de Rouen pour le 75e anniversaire

En vue. Deux points de vue dans ce texte, celui de Paul F. Astolfi qui a suivi la commémoration et celui de François Henriot qui s’est entretenu avec le capitaine Olivier F., du RC 2-30 Normandie-Niemen, dont les appareils frappés des léopards normands font depuis plusieurs mois la guerre à l’Etat Islamique en Irak et Syrie.

Trois manifestations normandes

Cette année de la commémoration des 75 ans du Régiment de Chasse Normandie-Niemen a été l’occasion de manifestations mémorielles nombreuses, poses de plaques de rues, édition de timbres en France et en Russie, conférences, cérémonies patriotiques, visite d’une délégation française en Russie, et de très nombreux travaux de médiation mémorielle et culturelle dans les établissements scolaires.

En Normandie trois manifestations principales ont honoré les héros normands de ce régiment.

Celles consacrées à Marcel Lefèvre aux Andelys (27), à Georges Lemare à Barenton et le 21 novembre, la commémoration des 75 ans de Normandie-Niemen place du général de Gaulle à Rouen.

« Nous sommes partis de France humiliés, nous y reviendrons en vainqueurs »

Cet engagement prononcé par Marcel Lefèvre constitue sans doute l’esprit qui a animé ces trois manifestations normandes. La manifestation de Rouen s’est déroulée devant le monument sobre et imposant, dédié à l’escadrille la plus titrée de l’aviation française, disposé à coté de celui consacré à la mémoire de général de Gaulle et à l’appel du 18 juin. Un même homme, le général de Gaulle qui a lancé deux appels, celui du 18 juin et celui de lever un régiment de chasse franco-russe pour combattre l’ennemi sur le front de l’Est. Normandie-Niemen, c’est d’abord un fait historique exceptionnel. C’est aussi la réponse de ceux qui se sont engagés parce qu’ils ont refusé la défaite de 1940, qui se sont opposé au renoncement et qui ont mis leur peau au bout de leurs idées pour s’engager dans le combat, sans certitude d’en revenir.

Et en même temps, rappeler les relations et confirmer l’amitié Franco-Russe

Les participants accueillis par  le Conservateur Henri Decaëns ont assisté à une cérémonie religieuse en l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen, célébrée par l’abbé Bertrand Laurent. Madame Marie-Andrée Morisset-Balier, titulaire du grand orgue Cavaillé-Cohl a accompagné cette cérémonie à l’orgue de chœur. Le défilé des très nombreux porte-drapeaux, suivi des officiels et du public se sont dirigés vers la stèle pour la cérémonie dirigée par le Lieutenant-colonel Brière (C.R.). Ce sont les enfants de l’école primaire publique Henri Wallon de la ville marraine du Normandie-Niemen, Dammarie-les-Lys (77) emmenés par leur institutrice Florence Sechaud qui ont créé avec les élèves du collège Jean Lecanuet de Rouen l’émotion à l’occasion de leurs prises de parole.

Les représentants officiels ont, à l’issue de la cérémonie militaire et civile, réaffirmé les liens d’amitié entre le peuple russe et celui de France. « Nous sommes reconnaissants aux Français qui se sont battus pour la libération du territoire Biélorusse » a déclaré d’emblée SE M. Pavel Latushka, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Bélorus. « Nous apprécions le travail de mémoire » a poursuivi M. Alexandre Adrianov, l’attaché culturel de l’ambassade de la Fédération de Russie et de poursuivre comme il l’avait dit à Barenton « Si à l’heure actuelle les relations ne sont pas au beau fixe, c’est l’occasion de rappeler la fraternité d’armes qui doit dépasser les éventuels désaccords nécessairement passagers. L’Histoire du Normandie-Niemen nous rappelle cette fraternité d’armes qui va bien au-delà pour perdurer dans le temps  ».

"C’est une idée du général de Gaulle"

M.Mamadou Diallo, Conseiller départemental et conseiller municipal en charge des affaires militaires, représentait la Ville de Rouen. Il a la plus grande attention à cette expression mémorielle, lui dont le père a été tirailleur sénégalais. Il a souligné le rôle déterminant du général de Gaulle dans la création de ce régiment de chasse « C’est le général de Gaulle qui eut le premier l’idée d’envoyer aux Russes des renforts de la France libre combattante sur le front de l’Est. Des membres des forces aériennes françaises prêtes à combattre. De cette idée stratégique du général et de cette disponibilité de troupes dans le territoire de la France Libre et en Angleterre naquit Normandie-Niemen » et la conclusion de Mamadou Diallo rejoint les propos des intervenants précédents « C’est aussi pour nous l’occasion de rappeler l’importance des relations entre la  France et la république du Bélorus et l’amitié qu’entretiennent nos deux pays. La présence aujourd’hui de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur en témoigne ».

La Région Normandie était représentée par le Conseiller régional Edouard de la Maze Le Département de la Seine-Maritime par les Conseillers départementaux de Rouen, Jean-François Bures et Marine Caron.

La grande salle de l’Hôtel de Ville de Rouen était trop petite pour accueillir tous les participants à cet émouvant et prometteur hommage pour l’avenir des relations Franco-Russe. Chacun était bien persuadé, dans cette nombreuse assistante, qui a pris une ambiance festive, de l’importance de notre amitié réciproque, de nos intérêts communs et de des suites positives qu’il faut apporter à cette commémoration. « C’est à la Normandie d’aujourd’hui d’aller de l’avant dans ce sens, parce que c’est conforme à son histoire et à ses intérêts » tranche Philippe Cléris venu du Calvados pour cette occasion approuvé par Yves Loir Cherbourgeois dynamique animateur de l’Union pour une Région Normande.

PFA

2017 : fiers de lutter contre le totalitarisme

Au cœur de la belle cérémonie montée à Rouen par la délégation de Seine-Maritime de la Fondation de la France Libre, nous nous sommes entretenus avec le capitaine Olivier F., du RC 2-30 Normandie-Niemen, dont les appareils frappés des léopards normands font depuis plusieurs mois la guerre à l’Etat Islamique en Irak et Syrie.

« Le Normandie-Niémen a été réactivé en 2012 sur la base aérienne de Mont-de-Marsan, dans les Landes, où il avait commencé à s’installer en 2011 après la fermeture de sa base de Colmar, explique O.F. Nous disposons à Mont-de-Marsan d’une soixantaine d’appareils, monoplaces exclusivement : des Rafale F3. »

Le théâtre d’opération des Rafale F3 du « Neu-Neu » se partage actuellement entre Mali/Sahel et zone irako-syrienne où se poursuit la dure bataille visant à déloger voire annihiler l’Etat Islamique.  Le jeune capitaine précise : « Pour l’instant, nous demeurons en Irak-Syrie, même si l’évolution paraît actuellement favorable à la lutte contre l’EI. Nous sommes toujours en place là-bas. Mission : appui aux troupes alliées au sol, par tous types de moyens embarqués sur nos Rafale. Les pilotes, les mécaniciens y effectuent des rotations, en missions de deux à trois mois sur place. »

Y-a-t-il des différences marquantes entre l’intervention du Normandie-Niemen dans le Sahel et celle en Syrie-Irak ? « Le Mali a eu ceci de spécifique que l’intervention a été montée par la France elle-même, leader rejoint ensuite par des alliés, rappelle le pilote de chasse-bombardement. En Syrie-Irak, nous opérons en insertion dans un dispositif interallié. »

Le capitaine O.F. confie, en conclusion : «  Chez nous, au Normandie-Niemen, sur le plan moral, les gens sont fiers, oui, de participer à cette lutte légitime contre un totalitarisme. Et sur le plan professionnel, il y a dans les interventions actuelles un aboutissement technique évident. »

Pour parler sommairement, le Normandie-Niemen version 2017 « fait le job » et en est heureux. Difficile de ne pas partager cette fierté.

François Henriot