economie


Energies renouvelables : un marché à 50 milliards d’euros d’ici à 2023 en France

Dernière mise à jour 21/11/2017
Les EnR en Normandie

Economie. La Normandie terre de toutes les énergies présente un potentiel exceptionnel de marché pour les années à venir pour les énergies renouvelables (EnR) et compte bien bénéficier d’une grosse part du gâteau national. Energies Normandie, l’association qui rassemble tous professionnels de toutes les énergies a organisé le 14 novembre à Caen, dans la vaste salle de congrès du Crédit Agricole, une journée destinée à faire se rencontrer tous les acteurs normands des énergies renouvelables sous le double signe du développement économique du territoire et de la transition énergétique.

Tout le monde est sur le pont

Plus de 210 représentants du monde industriel et économique ont assisté à cette rencontre qui le matin grâce à des exposés d’entreprises et des témoignages d’experts donnaient une vision de la situation de chaque EnR en Normandie et de son potentiel de marchés, l’après-midi était consacré aux rendez-vous d’affaires, ce furent 121 rencontres b2b riches de promesses.

Louis Heslot Guillot, directeur de la banque d’affaires entreprise CA Normandie, a vu dans cette rencontre « la première journée de l’économie de demain » et Hubert Dejean de la Bâtie, Vice-Président du Conseil Régional, en bon adepte de la protection de l’environnement rappelle que « la meilleure énergie c’est celle qu’on ne consomme pas » mais il reconnaît qu’il se réjouit quand il passe au Havre auprès du data center de Webaxys alimenté en partie par des panneaux solaires fixés sur le toit ou devant le parking de Cléon. « Du solaire ou de l’hydrogène on ne sait à terme qui gagnera mais il faut être sur toutes les EnR. » Quant à Alban Verbecke, président d’Energies Normandie, il considère que « 90 GW d’EnR au minimum sont à mettre en place en France dans les années qui viennent ». Il souligne aussi l’impressionnante montée en puissance de la vente des véhicules électriques en France, « en 2009 ils n’avaient été que 9, en 2017 ils ont été de 25.000. »

Parmi  les autres partenaires de cette rencontre d’affaires signalons, l’Ademe, la CCI Normandie, Territoire d’énergie Normandie, Idex et les groupes EDF et Engie.

La mise en garde d’Hervé Morin : l'arrêt de Dieppe - Le Tréport remet en cause l'usine du Havre

Le président de la Région a réaffirmé son soutien à la filière des EnR, à la nécessaire transition énergétique, d’ailleurs « la Région consacre chaque année 18 millions d’euros pour les projets d’investissements dans les différentes filières ». Il affirme son soutien aux 3 parcs éoliens offshore mais l’affaire est loin d’être gagnée.

Il dit regretter l’avis des Hauts-de-France en ce qui concerne le parc offshore de Dieppe - Le Tréport (Seine Maritime) qui semble menacé. Après s'être penché sur l'étude d'impact réalisée par le consortium d'Engie, EDPR et la Caisse des dépôts, le parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale s'est prononcé en défaveur du projet, le 20 octobre. C’est désormais à l’Agence française de la biodiversité de rendre son avis, ce qui sera fait le 27 novembre

Il met en garde « un éventuel avis négatif conduirait l’autorité administrative compétente à ne pas autoriser le Projet de Dieppe Le Tréport. Il mettrait indéniablement en difficulté le projet de Yeu Noirmoutier, porté aussi par le consortium lauréat de l’appel d’offres national. Au-delà, d’autres répercussions sur la structuration nationale de la filière des Energies Marines Renouvelables, dont l’ambition est d’être compétitive à l’export, et toute la chaîne de valeur associée apparaîtraient inévitables. En particulier, les projets d’implantation d’usines au Havre et la création de 750 emplois directs ne se réaliseraient vraisemblablement pas. »

Les ambitions

Le plan de programmation de l’énergie (PPE) envisage différents scénarios pour passer des 10% actuels d’EnR à 50 ou 60% en 2035, la planification devra être intégrée au prochain SRADDET (Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires). Il importe aussi de prévoir des procédures de simplification en ce qui concerne les autorisations liées au raccordement.

Pour la France, avec le PPE, sont attendus pour 2023 de l'ordre de

12 GW d'éolien terrestre

3 GW d'éolien offshore

12 GW de photovoltaïque

150 MW de Méthane, 250 MW de bois énergie etc.

Un ensemble qui représente 150 à 200 milliards d’euros d’investissement

Normandie : objectifs 2023

2 GW d’éolien terrestre (soit une production de 4000 GWh/an) contre 649 MW actuellement

1 GW de photovoltaïque (soit 1030GWh/an) contre 123 MW actuellement

Concrétisation des parcs éoliens offshore et hydrolien,

Plus de 4000 GWh/an d’énergie issue du bois contre 110 MW actuellement

Le solaire déjà très présent en Normandie

Comme nous l’avons déjà expliqué à l’occasion du déjeuner de Normandie Axe Seine, les nouvelles techniques photovoltaïques n’ont besoin que de luminosité pour produire de l’énergie et le climat normand n’est pas un handicap pour l’énergie solaire. Rappelons les principales réalisations :

L’un des premiers grands parkings solaires de France à l’usine Renault de Cléon en Seine-Maritime construit en 2012 produit 5 MW avec une surface de 34.000 m² qui correspond à 2.350 places.

Le data center Webaxys du Havre, le plus efficace d’Europe, équipé en 2016 en photovoltaïque. De plus il utilise des batteries de seconde vie, ce qui contribue à réduire l’empreinte carbone du numérique.

Une église normande solarisée, la belle référence de la Ville de Malaunay qui a fait de son église le symbole d’une communauté locale en mouvement pour réaliser la transition énergétique.

La beauté architecturale du BEPOS (bâtiment à énergie positive), avec le hangar 108, devenu l’Hôtel de la Métropole de Rouen, imaginé et réalisé par le cabinet d’Architecture Jacques Ferrier, qui a reçu l’American Architecteur Prize 2017.