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En Normandie les riches sont un peu moins riches et les pauvres un peu moins pauvres…

Dernière mise à jour 06/11/2017

Economie. Notre esprit régional de modération se retrouve dans une étude que l’Insee vient de faire paraître sur les inégalités de revenus. Le portrait de la situation est celle de l’année 2014.

Les 10 % des ménages normands les plus riches ont des revenus au moins 4,9 fois plus importants que les 10 % des ménages normands les plus pauvres contre 5,3 en province. Pour accéder à l’étude complète cliquez ici.

Ainsi, la Normandie compte parmi les régions les moins inégalitaires de France métropolitaine (6e rang), les Pays de la Loire étant la région où les disparités de revenus sont les plus faibles. Par rapport à la province, les ménages normands les moins favorisés ont des revenus un peu supérieurs (+ 280 euros), tandis que ceux disposant des plus fortes ressources déclarent des revenus moins élevés qu’ailleurs (– 1 690 euros). La comparaison est établie selon les « déciles » c’est-à-dire les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres.

Le revenu disponible

Les revenus tels que les définit l’Insee comprennent toutes les rentrées salaires, retraites et pensions, indemnités de chômage,  revenus du patrimoine et toutes les prestations sociales. Au total de ces ressources, quatre impôts directs sont déduits : l’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation, la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS). L’analyse porte donc sur ce qui reste vraiment aux gens pour vivre, c'est-à-dire le revenu disponible.

Le filet de sécurité des transferts sociaux

Les prélèvements directs et transferts sociaux atténuent fortement les écarts de revenus disponibles entre les ménages normands Ces mécanismes de redistribution pris en compte, les écarts entre hauts revenus et bas revenus demeurent moins importants en Normandie qu’en province (3,1 contre 3,3). Ainsi, la Normandie reste, après redistribution, une des régions connaissant les plus faibles inégalités de revenu (3e rang).

La situation est loin d’être homogène à l’intérieur de la Région, les inégalités sont du facteur 3 dans la vallée de l’Orne alors qu’elle atteint 7,5 dans la région du Havre quand on en reste au niveau de la déclaration des revenus mais dans les zones urbaines l’amplitude des inégalités est fortement gommée par les transferts sociaux.

Richesse patrimoniale limitée

La part des revenus du patrimoine dans le revenu disponible est plus faible en Normandie qu’ailleurs. Ils constituent 9,2 % du revenu disponible des ménages normands contre 10,8 % en moyenne en province. En outre, quelle que soit la classe d’âge de la personne de référence du ménage ou le décile de niveau de vie auquel il appartient, la part des revenus du patrimoine demeure plus faible en Normandie.

Pauvreté et famille monoparentale

Sans surprise ce sont les familles monoparentales qui subissent le plus niveau de pauvreté, situé en dessous de 1020 euros par mois. Ainsi, 33,1 % des personnes vivant au sein d’une famille monoparentale en Normandie sont pauvres, contre 32,2% des personnes dans la même situation familiale en province.

Malgré l’important resserrement des écarts de revenus après redistribution monétaire, 13,6 % des Normands vivent toujours sous le seuil de pauvreté. En l’absence des transferts sociaux, le taux de pauvreté atteindrait 21,5 %. La pauvreté monétaire est toutefois moins fréquente en Normandie que dans l’ensemble des régions de province (14,5 %), en particulier pour les plus âgés, nettement moins affectés par le risque de pauvreté.

La pauvreté concerne une plus grande part de la population dans l’Orne (15,8 %), la Seine-Maritime (14,4 %) est proche de la moyenne des régions de province et les autres départements normands en deçà.