tourisme & culture


Appel à contribution : « La résilience des villes-portuaires européennes: crises et réinventions (XVIe-XXIe siècle) »

Dernière mise à jour 03/11/2017

Culture. Ce colloque scientifique international se tiendra les 17 et 18 mai 2018 à l’Université du Littoral-Côte d’Opale (ULCO) de Dunkerque (France). Les propositions de contribution doivent être envoyées pour le 15 décembre 2017.

Les villes portuaires ont souvent été confrontées à des réinventions radicales qui témoignent de leur résilience, c’est-à-dire de leur capacité de résistance et de rebond après une crise grave. En première ligne face aux bouleversements de l’histoire que sont les guerres, les catastrophes naturelles, les révolutions politiques, les mutations technologiques et jusqu’à la globalisation contemporaine, ces villes ont connu des changements identitaires profonds. Les arsenaux et ports de guerre hier, les métropoles mondiales d’aujourd’hui en sont le témoignage. Le port est par conséquent un laboratoire où l’homme fait par la mer, pour la mer, contre la mer, et parfois sans la mer. Ce microcosme est un lieu de résonance de mutations plus globales.

Un univers en mutation

Ces mutations relèvent à la fois du champ culturel, avec notamment les représentations d’une société portuaire parfois interlope où l’imaginaire de l’aventure est associé à la mer, mais aussi de l’économique, du social et du politique. La réinvention d’un port militaire en port civil, d’un port colonial en port global, d’un port de transit en un lieu de transformation, d’un port actif en port patrimonialisé, avec des infrastructures portuaires parfois rejetées en périphérie, bouleversent l’identité de la ville portuaire sur les plans intérieur ou extérieur.

La question de la résilience, de la crise et de la réinvention invite à se concentrer sur trois types de thématiques qui peuvent être combinées :

- La ville-portuaire dans son environnement national et international. Les villes portuaires ont pu retrouver une place dans la globalisation en réinventant leurs liens avec leurs concurrents, ou leurs avant-ports, et en conquérant une plus forte maîtrise de leur avant-pays et arrière-pays.

Par ailleurs, ces processus interagissent avec des politiques publiques nationales (politique d’aménagement du territoire), et, de plus en plus, européennes, qui contribuent à refaçonner l’identité de la ville portuaire et son rôle économique face à l’extérieur. La ville-portuaire peut ainsi passer d’une situation de périphérie à celle de nouveau centre, ou inversement.

- La morphologie paysagère et la société urbaine. Au même titre que la création, la recréation appartient à la trajectoire de la ville portuaire. Lieu de vie, lieu qui se vit, la ville-port ne peut être envisagée sans la thématique subséquente qu’est l’urbanité, sa remise en question sous les effets de la crise sociale, démographique et urbaine, et son évolution avec la recomposition des espaces et des territoires.

- La « crise en héritage ». Avec les nouveaux usages et sa nouvelle articulation avec la ville, la reconversion invite à questionner le paysage immatériel de la ville-port, son ou ses identités, en relation avec les évolutions politiques, économiques et sociales qui l’affectent. L’oubli participe-t-il de la reconversion ? En est-il une condition, un moteur, ou au contraire s’oppose-t-il à la mise en valeur d’un passé-héritage culturel ? Certains mettent l’accent sur la perte de l’identité ouvrière (dockers, marins, ouvriers de la construction navale) sur l’autel de la globalisation néolibérale, tandis que d’autres soulignent la résilience des identités locales par la réappropriation d’une identité maritime pluriséculaire.

Appel à contribution

Tenu sur une journée et demie, le colloque accueillera des contributions en français ou en anglais.

Une publication bilingue sous forme d’un volume collectif est prévue pour les papiers sélectionnés.

Les frais sur place (hôtel, restauration) sont pris en charge. En fonction des financements obtenus, une participation aux frais de transport pourrait être envisagée pour celles et ceux ne pouvant bénéficier d’un remboursement.

Le colloque invite à se concentrer sur les mutations radicales et à dépasser le catalogue d’études juxtaposées afin de privilégier -sans exclusive- les perspectives comparatistes. Il est ouvert aux contributeurs provenant d’autres champs disciplinaires (géographes, civilisationnistes, sociologues, urbanistes, spécialistes du patrimoine, anthropologues) pour autant qu’une approche historique soit adoptée.

Merci de bien vouloir envoyer votre proposition longue de 3000 caractères/ 500 mots environ, accompagnée d’une courte biographie avant le 15 décembre à l’adresse suivante :

colloquedunkerque2018@gmail.com.

Une réflexion pluriannuelle

Ce colloque s’insère dans la longue tradition d’histoire maritime présente à l’Université du Littoral-Côte d’Opale au sein du Centre de Recherche en Histoire Atlantique et Littorale (CRHAEL-HLLI), et qui s’inscrit dans la perspective du renouvellement de l’historiographie portuaire porté depuis plusieurs années par le GIS d’Histoire & Sciences de la Mer.

Par ailleurs, il constitue la deuxième manifestation sur « La résilience des villes portuaires en question » du réseau PORTHIFE (Ports, Hinterlands, Intermodalité, Frontières, Environnement) qui regroupe plusieurs universités des Hauts-de-France, l’Université du Littoral-Côte d’Opale, l’Université d’Artois, l’Université de Lille-SHS, et l’université de Louvain-la-Neuve en Belgique.

Après le colloque d’Arras de juin 2017 organisé par Jean-François Grevet et consacré à l’interaction entre les façades maritimes et les hinterlands, en particulier à travers la problématique de l’intermodalité et l’interaction entre ports de mer et ports fluviaux dans la globalisation, le colloque de Boulogne/Dunkerque de juin 2018 se concentrera, de manière complémentaire, sur les réinventions portuaires dans une dimension large.

Enfin, ce colloque s’inscrit dans des réflexions sur l’écriture d’une histoire nouvelle de l’Europe portée par le Labex EHNE, à travers une approche fondée sur l’étude de l’interaction entre les acteurs locaux, régionaux, nationaux et européens, tant dans l’étude des politiques publiques que dans celles des identités. La dimension européenne est également présente par la comparaison à l’échelle Ouest-européenne.

Comité d’organisation et coordination scientifique : Christian Borde (Ulco-Hlli-Crhael), Jean-François Grevet (ESPE-LNF/CREHS), Sébastien Martin (Ulco-Hlli-Crhael), Laurent Warlouzet (Ulco-Hlli-Crhael).

Comité scientifique international : Gilbert Buti (Université d’Aix-Marseille, Telemme), Olivier Dard (Université Paris-Sorbonne, Sirice, Labex Ehne), Stéphane Durand (EHESS, Centre Norbert Elias), Caroline Le Mao (Université de Bordeaux 3, Cemmc), Luca Lo Basso (Université de Gênes, Italie), Bruno Marnot (Université de La Rochelle, Crhia, Labex Ehne), Amelia Polonia (Université de Porto, Portugal), Thierry Sauzeau (Université de Poitiers, Criham), Christoph Strupp (Institut de Recherche en Histoire Contemporaine de Hambourg, Allemagne), Pierre Tilly (Université Catholique de Louvain, Belgique), Béatrice Touchelay (Université Lille-Shs, Irhis).