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7e édition de la Route des Energies…la piste des métiers du bois avec Biocombustibles

Dernière mise à jour 19/10/2017
Les acteurs de la route des énergies, J.J. Ribot est le le 2e en partant de la droite, M. Duchemin est à sa droite

Economie. Lancée en 2011 la Route des Energies réussit à faire se rencontrer collégiens, lycéens,  demandeurs d’emplois et entreprises normandes du secteur de l’énergie. Cette belle machine ne peut se mettre en branle que grâce à la coopération des divers organismes concernés : Rectorat, Pôle Emploi, Cité des métiers, Direccte, Directeur de lycée. La Région est aussi de la partie elle était représentée par Didier Péralta et Gérard Duchemin, vice-président d’Energies Normandie, cheville ouvrière de ce montage, a souligné : « qu’on est passé de 24 entreprises participantes au départ, à 61 maintenant. Et si la durée de la manifestation va du 16 au 20 octobre cette année, il n’est pas exclu qu’elle devienne une structure permanente durant l’année scolaire ». En 2016 ce sont 2.900 jeunes qui ont pris la Route des Energies, découvrant la diversité des métiers que représente ce secteur industriel qui ne compte pas moins de 36.000 emplois en Normandie.

La plus vieille énergie du monde

Pour le lancement de cette opération, Energies Normandie avait choisi de mettre l’accent sur la plus vieille énergie du monde, le bois. La rencontre s’est tenue à Cauverville-en-Roumois, dans l’Eure sur un des sites de Biocombustibles consacré à la transformation des palettes usagées et des bois d’industrie. Jean-Jacques Ribot, le président de Biocombustibles a vanté les mérites du bois de chauffage qui s’inscrit dans les Energies Nouvelles Renouvelables. La filière bois représente 3.000 emplois en Normandie et les métiers y sont d’une grande diversité puisqu’on y trouve aussi bien des responsables d’exploitation des chantiers forestiers et bocagers, des responsables qualité, des responsables techniques du monde forestier…mais aussi des chauffeurs et des conducteurs d’engins.

Une dramatique sous exploitation forestière

La forêt et le bois font partie des innombrables secteurs où la France massacre ses richesses puisque moins de 50% du bois disponible dans les forêts françaises sont exploités. Pour que poussent les arbres, il faut des éclaircies, des élagages, bois que les nouvelles techniques transforment en bûches ou en granulés utilisés pour le chauffage. Quant aux grands fûts, ils ne sont pas plus faits pour être éternels que le blé mur est fait pour rester sur pied. Lors de leur découpe en bois d’œuvre, les sous-produits de scierie iront eux aussi rejoindre la gamme des énergies nouvelles renouvelables.

Les attestations PEFC et FSC de l’entreprise signifient qu’elle exploite des bois de forêts gérées durablement, c’est-à-dire qu’après la coupe à blanc, de nouveaux arbres sont replantés.

Ajoutons à cela les déchets bois des particuliers (cagettes, meubles, soit 11 kg par habitant et par an en France) auxquelles il faut adjoindre les palettes en fin de vie.

Une entreprise en pleine expansion

La société Biocombustibles a été créée en 1996 elle répondait au plan biomasse lancé par l’Ademe et la Basse Normandie l’année précédente. Jean-Jacques Ribot est arrivé en 1999 et son bilan est impressionnant.

Avec ses 40 salariés, un chiffre d’affaires de l’ordre de 20 millions d’euros, l’entreprise détient 40% de la part du marché régional du bois énergie. Elle valorise 320.000 tonnes de bois annuellement et dispose d’un stock de 55.000 tonnes avec 17 plateformes régionales de stockage.

Cette réussite doit beaucoup à l’approche de Jean-Jacques Ribot qui a su regrouper dans son actionnariat près d’une centaine d’entreprises représentant tous les maillons de la filière bois : propriétaires forestiers, exploitants forestiers, scieurs,  professionnels du déchet, exploitants de chauffage. L’essentiel de sa clientèle est constitué par les grandes chaufferies comme EDF / Dalkia, le groupe Lactalis, la Coopérative Isigny Sainte-Mère, UPM…Des professionnels auxquels il faut assurer un approvisionnement régulier mais dont on obtient des contrats à long terme (de 10 à 24 ans).

Pour réussir ses performances l’entreprise dispose d’équipements haut de gamme dont la démonstration faite sur site à Cauverville a rappelé le haut niveau d’industrialisation de la filière forestière :

Les tronçonneuses sont remplacées par les têtes abatteuses, puis vient le porteur. C’est un engin doté  d’un plateau et d’une grue à grappin, permettant le débardage ; les broyeurs forestiers en quelques minutes transforment un tronc en plaquettes destinées par exemple à l’industrie papetière ou à celle des panneaux. Elles seront transportées par des camions spéciaux.

La distribution grand public nouvel axe de diversification

Pour chacune des grandes étapes l’entreprise a développé des filiales, parmi les plus récentes Biodistribution est dédiée aux livraisons de granulés et de bûches auxquels s’ajoutent des produits de paillages. Signalons la création d’un matériel spécifique pour la mise à disposition des granulés sur les parkings des grandes surfaces. Un coup  de fil, un paiement par code et muni d’un code l’acheteur viens chercher de quoi se dépanner. Les granulés ont leur drive !

Dans les autres filiales on trouve :

Bioforest pour l’achat de bois sur pied

Bioservice pour la transformation des déchets de bois

Biotransports avec des véhicules spécifiques (80 à 90 camions livrent quotidiennement toute la Normandie) et des solutions sont inventées pour éviter les retours à vide.

En 2014 création de la filiale Biobretagne

L’entreprise a tous les labels pour garantir la qualité de son approvisionnement : PEFC, FSC, ISO 9001 et l’obtention de l’ISO 14001 est en coursBléry.

Ginette Bléry