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Le piège

Dernière mise à jour 04/10/2017

Courrier ce matin de Sébastien Lecornu, Secrétaire d’Etat à la Transition Ecologique à Bernard Accoyer, Secrétaire Général des Républicains en réponse à la procédure d'exclusion qui le vise « en raison de ses choix et décisions personnelles prises lors des élections législatives de juin dernier ».

Sébastien Lecornu y développe l’argumentation que nous avons déjà rapportée lors de sa réunion dans le département de l’Eure où il rappelait que le militant LR qu’il avait été trouvait dans EM la mise en pratique des grands choix économiques pour lesquels il avait toujours milité en vain.

« La réforme du droit du travail ? Nous la promettons dans nos meetings depuis 10 ans. La baisse des charges sur les entreprises ou l'allégement de la fiscalité sur le capital ? Nous la proposions dans tous les programmes pendant la Primaire. La Réforme de l'ISF ? Nous ne cessions de dire que c'est un impôt contre-productif. La mise en place d'un plan climat pour lutter contre le réchauffement de la planète ? Il s'inscrit dans la continuité du Grenelle de l'environnement voulu par la droite. Le durcissement de nos outils de droit commun dans la lutte contre le terrorisme ? Nous l'envisagions dans le projet présidentiel. Certains sont contre l'augmentation de la CSG ? Les mêmes préféraient l'augmentation de la TVA ! » analyse celui qui a milité à l’UMP depuis l’âge de 17 ans.

C’est bien là qu’est le piège pour les Républicains qui ne cessent de faire des rodomontades sur la mise en pratique de ce qu’ils préconisaient en vain depuis des décennies, donnant l’image navrante des stériles combats politiciens. Il ne s’agit plus de défendre des idées mais de sauvegarder son parti. Ce qui fait dire à Sébastien Lecornu : « Je suis triste de voir que certains dirigeants des Républicains préfèrent penser à leur positionnement politique partisan plutôt qu'à la France. Ne sommes-nous pas les héritiers du gaullisme ? »

Mais le secrétaire général ne manque pas lui-même de faire lui-même de la politique en tentant de « mouiller » ses petits camarades : « Je souhaite que la raison l'emporte et que la voix des militants et des élus raisonnables se fasse entendre. Xavier Bertrand et Christian Estrosi l'ont compris après les dernières élections régionales. Valérie Pécresse, Gérard Larcher, Jean-Pierre Raffarin, François Baroin ou Dominique Bussereau n'ont pas oublié l'héritage du chiraquisme. Devront-ils être exclus ? Ils doivent prendre eux-aussi leur responsabilité avant qu'il ne soit trop tard. »

Les explications de l’adhésion de Sébastien Lecornu portent essentiellement sur le plan économique qui recoupe largement les choix des partis de la droite et du centre, de même que l’adhésion à l’Europe. Mais qu’en est-il des choix de la politique environnementale dont le détail est loin de nous être connu et dont les impacts budgétaires et économiques risquent d’être dramatiques à long terme ?.

Il n’évoque pas non plus les choix sociétaux où la « PMA pour toutes » est une aberration contre nature, une chosification de l’enfant. Déjà des problèmes surgissent aux Etats-Unis avec refus de l’enfant à la naissance car il ne ressemble pas à ce qui était demandé, avec découverte de consanguinité parce qu’un directeur de centre indélicat a inséminé des milliers de femmes avec son propre sperme. L’irresponsabilité devient la règle du comportement, on peut choisir d’être célibataire ou lesbienne mais n’est-il pas juste d’en assumer les conséquences ?

On ne sait pas encore très bien quels seront les choix d’organisation territoriale qui reste dans le grand flou car cela ne figurait guère dans le programme du candidat.

La demande finale de Sébastien Lecornu : « Aidons le Président de la République et le Premier ministre à réussir. Non pas pour eux, mais pour la France ! » ne manque pas d’être bancale car elle ne s’appuie que sur certains aspects de la politique d’Emmanuel Macron dont on mesure bien là toute l’intelligence stratégique mettant en action la bonne vieille méthode du « diviser pour régner ». Adhérer au programme économique et pas au reste oblige à être En Marche à cloche-pied, un peu ce qu’a fait Edouard Philippe en avalant son chapeau pour la PMA.

Le piège macronien se referme sur les partis politiques en pièces et dont la recomposition demande autre chose que du marketing qui passe par les sondages de la base.

Ginette Bléry