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Canal Seine Nord réussit sa percée, il nous reste à combattre pour améliorer l’Axe Seine

Dernière mise à jour 03/10/2017

Collectivités. C’est la nouvelle du jour parue dans Le Courrier Picard, la ministre des Transports Elisabeth Borne et son collègue des Comptes publics Gérald Darmanin affirment avoir trouvé "un compromis » pour que les travaux du Canal Seine Nord puissent commencer.

Pour faire redémarrer la machine, les collectivités locales (région et départements) ont décidé de reprendre le projet en main. Ce sont elles qui avanceront l'argent nécessaire pour démarrer les travaux avec peut-être la création d'une taxe sur l'immobilier de bureaux comme pour le Grand Paris; l'Etat garantit pour sa part un milliard d'euros dans les prochaines années. Ce sont encore les collectivités locales qui assureront la gouvernance même si l'Etat conservera une minorité de blocage.

Grand projet d'infrastructure. Le canal, long de 107 kilomètres entre Compiègne et Aubencheul-au-Bac, dans le Nord, a vocation à être le maillon manquant entre la Seine et le réseau fluvial de l'Europe du Nord, pour le transport de marchandises entre les pays du Bénélux et la région parisienne. Il fait partie de la vingtaine de projets d'infrastructures de transports concernés par la "pause" décrétée par le gouvernement début juillet, alors que 10 milliards d'euros manquent dans les cinq ans à venir pour honorer les engagements pris par l'Etat.

Les 3 obstacles ont été levés

Selon Gérald Darmanin, trois obstacles avaient justifié la suspension en juillet du projet maintes fois repoussé: la "gouvernance", le "financement", et "l'emprunt et les risques".

Le premier a été levé en "régionalisant" la gouvernance de la société de projet, qui deviendra un établissement public local, même si l'Etat conservera une minorité de blocage.

Le deuxième a été résolu en confiant aux collectivités locales le soin d'avancer l'argent nécessaire pour démarrer les travaux en attendant les financements de l'Etat et de l'UE, qui fonctionne "sur factures". "En échange, l'État confirme le principe du financement d'un montant d'un milliard d'euros", a précisé le ministre. "Il ne s'agira pas de crédits budgétaires, mais de taxes affectées, ce qui permet de responsabiliser tous les acteurs".

Enfin, troisième obstacle "levé", les collectivités locales assumeront "l'emprunt et les risques attenants au projet".

Selon le Huffington Post : « malgré cette interview encourageante pour le projet, Xavier Bertrand a renouvelé son appel à Emmanuel Macron et a maintenu l'appel à manifester devant l'hôtel de région d'Amiens où Emmanuel Macron est en visite ce mardi 3 octobre "Aujourd'hui, à Amiens, nous attendons des engagements clairs et précis de votre part", écrit-il dans une lettre ouverte signée par tous les présidents des collectivités locales.

La Normandie peut garder son rôle portuaire

D’un point de vue normand cela signifie ouvrir la porte de Paris aux ports du nord de l’Europe déjà sévères concurrents du Havre alors que ce port est l’accès le plus direct et le plus logique pour tous les navires qu’ils arrivent des Etats-Unis ou du sud de l’Atlantique. Mais un ensemble de données historiques, de contraintes administratives et techniques ont freiné l’essor du port du Havre. Pour que ce nouveau projet ne se traduise pas par un recul des activités de l’ensemble Haropa, il importe que celui-ci bénéficie d’investissements dont nous avons souvent parlé (chatière, développement du fret ferroviaire et fluvial) bref des investissements promis depuis des décennies mais toujours reportés.

Reste à nos élus locaux et au premier d’entre eux désormais à Matignon à faire en sorte que l’essor du canal n’entraîne pas la régression de l’Axe Seine,, c’est tout à fait possible car il a de nombreux autres atouts pourvu qu’on lui en donne les moyens.

Ginette Bléry