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L’alliance Bpifrance / Caisse d’Epargne de Normandie pour stimuler l’exportation des PME normandes

Dernière mise à jour 29/09/2017
Joël Chassard, Pedro Novo, Pierre Sainfort

Economie. Les Caisses d’Epargne qui vont avoir 200 ans d’existence en 2020, placement idéal pour la mythique Veuve de Carpentras qui veut faire fructifier son argent sans risque, s’impliquent de plus en plus dans l’aide aux entreprises. Joël Chassard, Président du Directoire de la Caisse d’Epargne Normandie annonce que : « son établissement a désormais un taux de 20% de pénétration du marché des PME normandes ». Pour aller encore plus loin, l’entreprise a choisi d’apporter une aide spécifique à l’exportation et vient de signer une convention avec Bpifrance pour favoriser ce typer de développement.

Pedro Novo, Directeur Financements Export de Bpifrance a souligné « combien l’exportation est un sujet vital pour le développement de l’économie française et si son organisme a déjà mis l’accent sur cette démarche, elle sera encore renforcée ». La France en la matière a fort à faire puisqu’il y a 3 fois moins d’entreprises exportatrice en France qu’en Allemagne et 2 fois moins qu’en Italie.

4.000 entreprises normandes ont déjà bénéficié de 682 millions d’euros de cash de Bpifrance qui par leur effet de levier ont permis aux PME/PMI d’investir quelque 1,5 milliard d’euros. Sur ces chiffres 37 millions d’euros ont été consacrés à la croissance internationale pour 91 projets. « Digital et international sont désormais les axes prioritaires de Bpifrance qui dispose d’une puissance de feu considérable ».

« D’ailleurs un accélérateur est en cours de préparation avec le Conseil Régional pour contribuer à mettre en selle les entreprises qui souhaitent franchir les frontières » précise Pedro Novo.

Comment ça marchera ?

Le partenariat a pour ambition de faciliter la mise en œuvre des solutions techniques et financières pour les entreprises du territoire.

Bpifrance partagera avec la Caisse d’Epargne Normandie son analyse des projets et proposera la mise en place de solutions de financement les mieux adaptées, parmi lesquelles l’ensemble de ses outils bénéficiant du label « Bpifrance Export » : le Prêt Croissance International, le Crédit Export, des garanties Bpifrance sur les financements à moyen et long terme octroyés par la Caisse d’Epargne Normandie, des garanties de projets à l’international, des mises en relations ou rapprochement avec des entreprises étrangères, l’assurance prospection, l’assurance-crédit, l’assurance change, l’assurance des cautions et préfinancements, l’assurance investissement.

Compin : doublement du CA par l’export

Le meilleur moyen de faire l’éloge de l’export est encore d’en montrer les résultats positifs et Pierre Sainfort président de Compin, spécialiste des sièges pour les trains et métros dont l’entreprise est située à Evreux, est le vivant témoignage de la dynamique apportée par l’export. Lorsque nous avons visité l’entreprise en 2014, elle réalisait un chiffre d’affaires de 57 millions d’euros et employait 350 personnes, Pierre Sainfort annonce désormais 112 millions d’euros de chiffre d’affaires et fait travailler 700 personnes. Entre temps il a conquis des marchés en Belgique, aux Pays-Bas, il a aussi acquis un confrère à l’étranger grâce à l’aide de Bpifrance et vient de signer un contrat aux Etats-Unis. Il s’agit d’équiper la nouvelle ligne de train qui va relier Boston et Washington, la capitale fédérale, via New York et Philadelphie, couvrant une distance de 730 kilomètres. 28 TGV fournis par Alstom dont Compin fournira les sièges. D’ailleurs l’entreprise va installer une filiale aux Etats-Unis.

70% du chiffre d’affaires sont désormais réalisés à l’international ce qui n’empêche pas l’implication locale puisque Compin équipe aussi les 40 trains qui circuleront sur les lignes normandes et qui sont en cours de construction chez Bombardier.

Si Compin travaille déjà de façon intense avec Alstom et Bombardier, il déjà eu quelques contrats avec Siemens et a des équipes germanophones qui travaillent avec Bombardier à Berlin. Quant à savoir si le rapprochement Alstom / Siemens sera bénéfique pour lui, Pierre Sainfort se garde bien de porter un jugement car tout dépendra de la manière dont s’organiseront les services achats.