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Portrait de la Normandie : le grand dérapage des années socialistes

Dernière mise à jour 26/09/2017
La courbe bleue est celle de la Normandie, la jaune celle de la province, la verte celle de la France

Economie. Il aura fallu deux ans à l’Insee pour réaliser un travail de synthèse avec une présentation de la Normandie sous toutes les coutures. Auparavant les deux régions avaient chacune leur Insee qui d’ailleurs ne réalisait pas nécessairement les mêmes études, ce qui empêchait toute comparaison entre ce qu’on appelait en ce temps là Basse et Haute Normandie.

Ce sont 52 pages de cartes et de graphiques qui mettent au clair toutes les données démographiques, sociologiques et économiques. Les données compilées s’arrêtent en 2014 mais la synthèse est un impressionnant outil de travail. Vous pouvez accéder à la plaquette en cliquant ici. Le document est dans la rubrique « Archives » sur le site.

Rapprochons économie et histoire politique

Le graphique que nous avons retenu montre le décrochage de l’économie normande par rapport aux autres régions appelées cette fois province et à la France métropolitaine. Jusqu’à l’année 96 il n’y a guère d’écart d’évolution entre la Normandie et la France, puis il ira s’amplifiant pour atteindre 15 à 20 points d’écart en 2014. Un véritable effondrement.

Il faut alors se souvenir de qui gouvernait alors les régions

La Haute –Normandie après le départ de l’UMP Rufenacht en 1998 sera gouvernée 14 ans d’affilée par le socialiste Alain Le Vern, puis une petite année par son dauphin Nicolas Mayer Rossignol, également socialiste.

La Basse-Normandie jusqu’en 2004 sera gérée par l’UMP René Garrec auquel a succédé de 2004 à 2008, le socialiste Philippe Duron puis viendront 7 ans et 8 mois de socialisme avec Laurent Beauvais.

Aux choix politiques se sont ajoutés les méfaits de la séparation en deux parties de la Normandie. Alors il ne faut s’étonner si le portrait livré par l’Insee comporte plus d’ombres que de lumières.

En voici quelques extraits.

Côté lumières

La Normandie, première région française pour la part de l’industrie dans la valeur ajoutée

En 2014, en Normandie, l’industrie apporte 20 % de la valeur ajoutée totale régionale.

Cette contribution place la Normandie en tête des régions de France métropolitaine. En métropole, l’industrie fournit 14 % de la valeur ajoutée.

67 000 emplois salariés dans le secteur des transports et de la logistique

En Normandie, le secteur des transports et de la logistique emploie 67 000 salariés en 2014, soit 6,3 % de l’emploi salarié régional.

Ce secteur produit 4,9 % de la valeur ajoutée totale régionale, soit un peu plus qu’au niveau métropolitain (4,6 %). Cette contribution place la Normandie au 3e rang des régions de France métropolitaine.

Côté ombres

Revenus et pauvreté

En Normandie, le niveau de vie annuel médian se situe à 19 710 euros en 2013. Ce montant est inférieur de 480 euros à son niveau métropolitain, ce qui positionne la région au 10e rang des 13 régions métropolitaines.

L’industrie, fortement présente dans la région, propose plus d’emplois ouvriers, aux salaires relativement plus faibles que les autres emplois. Par ailleurs, les normands sont moins souvent actifs et davantage au chômage qu’en France métropolitaine. Ils perçoivent donc moins de revenus du travail

Problème d’insertion des jeunes

Près d’un quart des jeunes ne sont donc pas insérés par l’emploi ou la formation en Normandie.

En Normandie, 65 000 jeunes ne sont pas insérés en 2013, soit 24 % des 18 à 24 ans, dont 19 % de chômeurs, 1 % de femmes ou hommes au foyer et 4 % d’autres inactifs.

Carence de l'enseignement supérieur

La Normandie se classe au 12e rang des 13 régions métropolitaines pour la part des diplômés du supérieur dans la population non scolarisée de 25 à 34 ans. Ceci est lié en partie à la structure économique de la région : les emplois ouvriers, ne nécessitant pas de diplômes du supérieur, sont surreprésentés en Normandie. Depuis 2008, la part de diplômés du supérieur a augmenté de 1,4 point, mais à un rythme légèrement plus faible qu’au niveau métropolitain (+ 1,6 point). Cette progression ne permet pas de combler le retard de la région.

256 600 ménages normands dépensent plus de 8 % de leur revenu pour les factures de chauffage

Les ménages normands sont plus touchés par la vulnérabilité énergétique : 18 % d’entre eux dépensent plus de 8 % de leur revenu pour leurs factures de chauffage (contre 15 % en France métropolitaine). Le montant des dépenses de chauffage est lié à plusieurs facteurs, comme la surface du logement, son ancienneté ou le mode de chauffage

Une faible densité de médecins généralistes et spécialistes

Désert médical

France métropolitaine qui compte le moins de médecins généralistes par habitant : 8,9 pour 10 000 habitants contre 9,6 pour la France métropolitaine en 2015. La région arrive en dernière position pour le nombre de médecins spécialistes, avec 4,9 pour 10 000 habitants contre 6,9 en moyenne en France métropolitaine.

Mais La Normandie est une des régions où la part de la population à plus de 30 minutes d’un service d’urgences médicales est la moins élevée : 3,4 % contre 6,7 % en France métropolitaine.