En vue


Nicolas Rouly énonce son précis de recomposition du P.S. 76

Dernière mise à jour 25/09/2017
Ouvrage de Henri Weber au Seuil, la première mouture date de 2003...rien ne change vraiment

En vue. Puisque la session plénière du 25 septembre du Département de la Seine-Maritime lui donne une occasion de s’exprimer, M. Rouly premier secrétaire fédéral du P.S. de la Seine-Maritime et président du groupe socialiste dans cette  assemblée a saisi l’occasion pour affirmer que : « son parti était toujours vivant et de présenter à l’appui le « projet de feuille de route de la refondation du P.S. ».

Une opposition franche et déterminée au gouvernement

Pour le chef de l’opposition socialiste, la position u P.S. est très nette. Il participe à la protestation et appelle à s’opposer à la réforme du code du travail en soutien aux manifestations syndicales. Parce que cette réforme « précarise les salariés et affaiblit la démocratie sociale » tient-il à souligner. S’alignant sur la position des Départements qui défendent leur utilité dans le fonctionnement de la décentralisation et particulièrement dans l’exercice de leur politique sociale de proximité avec les habitants, il n’hésite pas à accuser le gouvernement de remettre en cause les principes de la décentralisation et d’asséner sans ambages « la défiance envers les élus locaux doit cesser, ils n’ont pas besoin d’être administrés, mais d’être aidés à assumer ce pourquoi ils ont été élus ».

Entre les souvenirs d’Epinay et l’image d’Epinal

Ce n’est pas faire injure au P.S. de la Seine-Maritime de rappeler qu’il a subi une succession de revers cuisants en Normandie, perte des Départements de l’Eure et de la Seine-Maritime, perte de la Région Normandie, éviction par une déferlante en faveur de M. Macron aux élections présidentielles et législatives sur les cinq départements Normands. Le P.S. se retrouvant de facto devant un triple vide, celui du projet, celui de la stratégie et celui des leaders. La décision nationale a été de s’en remettre aux adhérents et aux sympathisants, de redonner la parole et de faire formuler les propositions par les adhérents eux-mêmes. Et en Seine-Maritime le P.S. a numériquement de beaux restes. « Nous avons 2 612 adhérents »  s’enorgueillit avec satisfaction M. Rouly.

Une feuille de route adressée à tous les adhérents  

Les contributions indistinctement des adhérents et des militants, actuellement au nombre de 800 sont recueillies sur une plate forme numérique. Elles répondent à treize grandes questions portant sur l’ouverture d’un large débat (bilan, reconstruction, dépassement…), sur le fonctionnement du parti et sur l’organisation du congrès qui est la focale du processus et l’enjeu immédiat de la « refondation ». M. Rouly déroule le calendrier, 28 septembre, vote des adhérents sur une feuille de route synthétisant l’ensemble des contributions, 30 septembre réunion du Conseil national, décembre 2017 vote sur les nouveaux statuts et le final en février-mars 2018 avec le congrès politique réuni en application des nouveaux statuts.

En attendant la crise du macronisme…

L’ensemble de cette situation pour le moins incertaine pour le P.S. qui vit mal sa mise à l’écart des affaires tant nationales que locales est décrite par l’ancien sénateur de la Seine-Maritime sur le site du P.S. où Henri Weber souligne sous le titre «Parti socialiste : entre marginalisation et refondation »  le risque pour le P.S. de devenir « pour de longues années un petit parti d’opposition de gauche au macronisme dominant, subissant l’attraction du populisme mélanchonien »et M. Weber d’appeler les socialistes «  à écourter la phase de lamentation et s’attaquer sans perdre de temps à la refondation de leur parti en rénovant leur théorie, leur programme, leur organisation, leurs pratiques militantes, leurs alliances. Afin de peser activement sur la recomposition générale du champ politique, au bénéfice de l’éco-socialisme, lorsque tôt ou tard, la crise du macronisme surviendra ».

Avant la crise salvatrice du macronisme, M. Rouly et ses amis sont confrontés à la crise de leur parti et à l’endettement abyssal qu’ils ont creusé dans leur gestion du Département de la Seine-Maritime dont ils sont aujourd’hui écartés.

Paul François Astolfi