En vue


Plan secret Etat / concessionnaires d’autoroutes ? Jean-Paul Lecoq veut tout savoir et le dit au ministre des Transports

Dernière mise à jour 19/09/2017
Jean-Paul Lecoq

En vue. Jean-Paul Lecoq (PC) Député de Seine-Maritime reprend un serpent de mer déjà sorti en 2015 dans le Canard Enchaîné après la signature le 9 avril 2015, entre Emmanuel Macron alors ministre de l’Economie, Ségolène Royal ministre de l’Environnement et les sociétés concessionnaires des autoroutes. Un accord qualifié de "gagnant gagnant" par le gouvernement. Sauf que le refus de Bercy refuse de publier le "protocole transactionnel", signifie selon l'hebdomadaire satirique, qu'il est en fait intégralement à l'avantage des Vinci, Eiffage ou Sanef  .

Manifestement France 2 a ressorti le dossier et c’est sur cette source que s’appuie Jean-Paul Lecoq.

Il pense que l’Etat se serait engagé à maintenir une stabilité fiscale au profit des sociétés concessionnaires, à leur consentir un allongement de la durée des concessions et à compenser le blocage des tarifs qu’il leur avait imposé en 2015 par une autorisation de procéder à de larges augmentations annuelles des péages jusqu’en 2023. Tout cela en échange de 3,2 milliards d’euros de travaux sur dix ans financés par ces concessionnaires.

Face à cette opacité, Jean-Paul Lecoq estime que "seule la transparence permettra à chaque citoyen, contribuable comme usager, de déterminer si ses impôts comme ses péages sont utilisés à bon escient."

Aussi écrit-il à Elisabeth Borne : « il suffit de constater les bénéfices importants et constants qu’ils (les concessionnaires) tirent de cette exploitation pour se demander si l’usager à travers ses péages, les collectivités à travers les investissements qu’elles financent (notamment lors de la création des nouvelles autoroutes ou des barreaux de raccordement) ou l’Etat qui a décidé de se passer des recettes d’exploitation du réseau, ne se trouvent pas spoliés par ces grands groupes dont la vitalité remarquable tranche singulièrement avec les difficultés économiques subies par un grand nombre d’entreprises nationales en cette période de crise profonde. »

« Or voici une branche d’activité économique qui se porte à merveille d’année en année et pour toutes les entreprises qui la composent. Troublant. »

S’il est logique en démocratie que les termes d’un accord soient connus dans la mesure où les citoyens sont mis à contribution. Mais ne retrouve-ton pas dans la démarche de Jean-Paul Lecoq l’éternelle suspicion du PC face à l’entreprise qui, si elle se porte à merveille, devient suspecte. Comme si un secteur en bonne santé ne jouait pas le rôle d’entraîneur.

Attendons donc de connaître le contenu du contrat dit secret.