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Formation professionnelle, petit rappel à 15 milliards d’euros

Dernière mise à jour 30/08/2017

Economie. La formation professionnelle est un des volets de la loi travail et la Fédération de la Formation Professionnelle (FFP) en profite pour rappeler l’engagement du candidat Macron, confirmé hier par le Premier ministre, d’un Plan d’Investissement en Compétences de 15 milliards d’euros.

Richard Lecoeur, vice-président de la FFP pour la Normandie reconnaît : « qu’il s’agit d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur le livre blanc Libérer la formation publié en 2016 par la FFP et Asterès » Cet ouvrage fait le point des misères et des enjeux de ce secteur.

Les chiffres sont accablants «Aujourd’hui en France, 1,9 million de jeunes ne sont ni à l’école, ni en emploi, ni en formation, le délai entre la perte d’emploi et l’entrée en formation du demandeur d’emploi est estimé à sept mois. Une étude du cabinet McKinsey [Global Institute] estime qu’en 2020, il y aura 2,3 millions d’actifs non qualifiés sans emploi alors que 2,2 millions d’emplois ne seront pas pourvus ». De ce constat la FFP a tiré des recommandations.

Pour Richard Lecoeur : « sans une véritable réflexion sur les inefficiences du système français de formation, les plans d’investissements conjoncturels dans la formation professionnelle ne peuvent avoir que des impacts limités, voire artificiels sur l’emploi en France. »

Pour lui « l’Etat n’a pas pris ses responsabilités sur la formation laissée aux partenaires sociaux. Sur les 8.500 acteurs du secteur de la formation professionnelle, il existe en France une offre de formation innovante, proche des besoins des entreprises et des apprenants. Mais une partie importante du secteur souffre d’une suradministration liée à des dispositifs de financement trop complexes qui privilégient trop souvent le moins-disant ».

En langage journalistique moins châtié nous dirons que le secteur de la formation souffre d’être envahi par une quantité industrielle de parasites et l’argent s’engloutit dans les circuits administratifs et syndicaux.

Nous connaissons tous des cas précis de formation bidon, il y aussi l’inverse la formation qu’un chef d’entreprise ne peut pas faire suivre à son personnel parce qu’elle n’est pas liste officielle.

La grande mutation que le numérique et l’intelligence artificielle nous préparent risque d’aboutir à une vague d’hyperdestruction d’emplois, elle peut au contraire être créatrice si la formation est adaptée aux besoins.

Et la Normandie ?

Richard Lecoeur reconnaît que : « les choix de la Région Normandie vont dans la bonne direction, que le travail par bassin d’emploi avec adaptation de l’offre de formation pour répondre aux besoins des entrepreneurs va dans le bon sens, mais ce n’est qu’une étape, le problème est beaucoup plus large et ce sont les logiciels du système de la formation qu’il faut changer ».

Notre interlocuteur rappelle que « la formation continue en France a trois grands défis à relever. Elle doit être véritablement continue. Pour cela, il faut créer un véritable continuum de formation pour tous, qui se fonde notamment sur une formation initiale plus performante. Il faut un système plus simple et plus lisible centré sur l’individu. Enfin, il faut libérer l’offre de formation pour favoriser l’innovation dans les pratiques et une meilleure réponse aux besoins ».