En vue


Florence Parly commence sa préparation militaire en Normandie par l’hydrodynamisme et confirme l’arrivée d’un super ordinateur

Dernière mise à jour 28/07/2017

En vue. Venue de la ministre des Armées, Florence Parly, vendredi 28 juillet dans l’Eure, à Val-de-Reuil où elle a visité DGA* techniques hydrodynamiques, un site d’études et d’essais qui travaille à la mise au point de l’hydrodynamisme de la plupart des navires de la marine nationale, frégates et sous-marins. Elle fut accueillie par Roland Joannic, directeur du Centre et Vincent Imbert Ingénieur général de l’Armement. Le maire de la commune Marc-Antoine Jamet, le président de la CASE, Bernard Leroy et la députée Séverine Gipson suppléante de Bruno Le Maire l’accompagnaient pour ses premières armes.

On fait ses classes

Cette énarque de 54 ans a été conseillère de Lionel Jospin, puis son ministre du Budget, en 2000. Elle avait alors trente-six ans. Ensuite, elle s’envolera pour Air France, où elle réussit la restructuration du cargo, et la SNCF, où en 2014 elle rejoint la direction de la stratégie et des finances.  Ses compétences reconnues pour le moment sont surtout celles d’une gestionnaire, il lui reste à ajouter ses galons militaires. Mais les têtes bien faites apprennent vite.

L’annonce principale de la visite fut la confirmation de « l’acquisition en fin d’année d’un cluster de calcul de quatre mille cœurs » pour permettre aux équipes d’être plus rapides, plus innovantes encore. Il s’agit d’un investissement de 2 millions d’euros, prévu de longue date qui va être livré prochainement et sera inauguré en octobre. Les rigueurs du secret militaire n’autorisent pas la DGA à travailler par exemple avec le super calculateur du CRIAN qui lui fait 10.000 cœurs.

« La France et ses armées sauront embrasser les opportunités exceptionnelles offertes par le numérique. Val-de-Reuil en est un exemple et, dans quelques mois, c’est un véritable « bassin d’essais numériques » qui sera inauguré ici » s’est réjouie la ministre.

Elle a également fait l’éloge des rapports exceptionnels du site avec le Royaume-Uni : « Au-delà des programmes nationaux, DGA Techniques hydrodynamiques joue un rôle clé dans les programmes navals britanniques : en particulier, les essais de leurs futurs sous-marins « successor » sont réalisés ici, dans le grand tunnel hydrodynamique ». Les militaires français travaillent eux en Grande Bretagne au bassin océanique d’Haslar. Cette coopération « est un véritable modèle et nous le pérenniserons malgré le Brexit » a-t-elle affirmé.

Dans l’entretien informel qui a suivi, la ministre a réaffirmé les 17 milliards de budget annuel, affirmant que le personnel militaire n’aurait pas à souffrir des contraintes financières temporaires.

DGA Val-de-Reuil, un outil unique en son genre

Le bassin d’essai des carènes a été créé en 1906 à Paris, Boulevard Victor et il a été installé en 1988 à Val-de-Reuil. Il s’agit, dit d’une manière sommaire, par un travail sur l’analyse des écoulements de fluides d’étudier les meilleurs profils des bateaux, de tester leur résistance à la houle et quand on arrive aux sous-marins le travail sur l’acoustique est essentiel car c’est par le bruit de la cavitation que ce genre d’engin est repérable.

Le numérique est venu complètement transformer les méthodes de travail et la simulation règne en maître mais celle-ci doit toujours restée ancrée dans la réalité.

115 personnes travaillent sur le site dont 60 ingénieurs, la diversité des métiers est extrême puisque c’est à Val-deReuil que sont fabriquées les maquettes, celle du Barracuda par exemple était au 1/45e mais c’est là aussi que se font les calculs les plus pointus sur les écoulements de fluides Testée dans le bassin d’essai de 600 m de long, la maquette affronte des tempêtes mais les vagues de 20 m de haut ne mesurent plus que 1m pourtant l’effet est le même.

Les maquettes raccordées à une plateforme sont bardées de capteurs qui étudient tous les comportements pour optimiser les profils.

On trouve aussi sur le site un tunnel hydrodynamique dédié à la conception des hélices de sous-marins et à l’évaluation de leur discrétion acoustique, ainsi que des moyens de simulation numériques particulièrement avancés, notamment utilisés pour le développement des nouvelles frégates FTI.

Ce centre, par son haut niveau de technicité et le virage numérique qu’il a enclenché, témoigne des enjeux d’innovation que Florence Parly entend développer. L’outil de Défense français est un creuset d’innovation, numérique et technologique. La maîtrise de ces enjeux est la clé pour atteindre une pleine efficacité sur les différents théâtres d’opérations.  

Avec son centre de Val-de-Reuil, la DGA apporte son expertise dans les domaines de l’hydrodynamique et de l’hydroacoustique, en prévoyant le comportement des bâtiments de la marine, en mer et face aux agressions maritimes, en contribuant à la conception des propulseurs et des carènes et en améliorant leurs performances en vitesse, en manœuvrabilité, en tenue à la mer et en acoustique.

Répartis sur le territoire national, les dix centres d’expertise et d’essais de la DGA garantissent en toute indépendance les performances, la sûreté et la sécurité des équipements livrés.

Florence Parly à Val-de-Reuil
G à D: B. Leroy, M.A. Jamet, F. Parly, S. Gibson, la secrétaire générale du Préfet