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Cherbourg : une première mondiale avec le lancement de l’usine d’hydroliennes

Dernière mise à jour 21/07/2017
Pose symbolique de la première pierre devant l'usine dont on voit à l'arrière plan l'armature déjà installée

Economie. C’est un jour à marquer d’une pierre blanche, un de ces moments où se concrétisent les efforts conduits depuis plusieurs années. Aujourd’hui a été lancée officiellement la construction de l’usine d’hydroliennes de Naval Energies / OpenHydro à Cherbourg.

Les hydroliennes sont des turbines destinées à produire de l’électricité à partir de courants sous-marins : plus besoin d’attendre la marée comme dans l’usine marémotrice, pas de pollution visuelle ou de gêne pour les pêcheurs comme avec les éoliennes installées en mer. L’hydrolienne tourne en continu et fournit régulièrement de l’énergie mais il y a peu de courants assez forts pour justifier une telle installation, par chance l’un d’entre eux passe en Normandie, c’est le Raz Blanchard au large de Cherbourg.

L’hydrolienne est une technique nouvelle déjà expérimentée mais qui doit maintenant passer à la phase travaux pratiques.

De lourds investissements

Tout le travail de développement et d’expérimentation mené ces dernières années par Naval Energies, avec de lourds investissements consentis (plus de 150 millions d’euros dépensés par l’ex-DCNS dans les énergies marines, et même 250 millions avec la reprise de la société irlandaise OpenHydro), a conduit à cette nouvelle étape. Côté financement, on notera que la construction de la nouvelle usine cherbourgeoise est portée par une société immobilière associant notamment les collectivités territoriales (dont la Région Normandie pour 450.000 euros), qui louera ensuite l’installation à l’industriel.

Par ailleurs le terrain a été préparé de longue date par PNA qui a investi 100 millions d’euros pour 100 ha dédiés aux Energie Marines Renouvelables (EMR) dont Cherbourg est maintenant la capitale. En plus de cette usine LM Wind Power, en mars dernier, a posé la 1ère pierre de l’usine de pales pour les éoliennes. Pour répondre à ces besoins industriels PNA a ainsi construit un quai lourd de 320m de long, pouvant supporter des charges de 15T/m² et permettant un pré-assemblage en bord à quai, atout majeur pour les industriels des EMR. PNA a également gagné 39ha sur la mer, offrant ainsi aux industriels et aux logisticiens un outil de travail de 100ha.

Inauguration consensuelle

On s’en doute le lancement de ce beau projet a rassemblé élus et industriels et il y avait du monde pour tenir la truelle : Hervé Morin, Président de la Région Normandie et de Ports Normands Associés (PNA), Philippe Bas, Président du Conseil départemental de la Manche, Benoît Arrivé, Maire et Vice-président de la Communauté d’agglomération du Cotentin, Thierry Kalanquin, Président de Naval Energies et d’OpenHydro et Patrick Gougeon, Directeur Général d’OpenHydro. La construction de cette usine est une première mondiale. Elle matérialise le démarrage de la phase industrielle et constitue une étape décisive dans le développement de l’hydrolien en France et à l’international. Elle marque également l’ambition française dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Un projet modulaire

D’une capacité de 25 turbines par an, l’usine assurera l’assemblage et la maintenance des hydroliennes du projet Normandie Hydro, mené par Naval Energies (branche énergie de DCNS) en partenariat avec EDF Energies Nouvelles. A noter qu’il ne s’agit que d’un assemblage, les pièces elles mêmes sont fabriquées soit interne par DCNS ou par des fournisseurs extérieurs. Au-delà de l’équipement du Raz Blanchard le site fournira les hydroliennes pour les autres projets de ce type qui existent à travers le monde. L’entrée en service est prévue au premier trimestre 2018, il s’agit d’un premier module qui pourra être doublé si la demande est là. Une quarantaine de personnes travailleront au sein de l’usine pour l’assemblage des turbines.  

Le  bâtiment de 5 500 m² de superficie est implanté sur un terrain de 5ha environ il est équipé de 2 moyens de levage de forte capacité (90T chacun) adaptés aux produits. Il bénéficie d’un accès direct aux nouveaux quais lourds réalisés sur le port.

Thierry Kalanquin a déclaré : « L’implantation de cette usine à Cherbourg n’est pas un hasard. La proximité du Raz Blanchard, caractérisé par ses courants de marée parmi les plus forts au monde, couplée à la présence d’infrastructures portuaires adaptées à l’industrie lourde, d’un réseau électrique très puissant, et grâce à des investissements portés par PNA, fait de la région une zone privilégiée pour l’exploitation de l’énergie hydrolienne.  

Hervé Morin a rappelé son ambition de : « faire de la Normandie la 1ère région EMR de France. Je suis heureux que la Région ait pu contribuer fortement à ce projet commun de construction d’usine d’hydroliennes,  auquel nous allons contribuer à hauteur de 450 000 euros. ».

Normandie Hydro en bref

Le projet Normandie Hydro, mené par Naval Energies en partenariat avec EDF Energies Nouvelles, porte sur l’installation dans le Raz Blanchard de sept hydroliennes. D’une puissance totale de 14 MW, cette ferme hydrolienne sera raccordée au réseau d’électricité à l’horizon 2020, permettant d’alimenter en électricité environ 13 000 habitants. Elle bénéficie d’un soutien public dans le cadre du programme des investissements d’avenir.

Il existe déjà une quinzaine d'hydroliennes qui produisent de l'électricité dans le monde dans des parcs d'essais, au large de l'Écosse (6 MW) ou Naval Energies est déjà présent, des Pays-Bas (1,2 MW), du Canada (2 MW) et du Japon (3 MW).