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Les 20 lauréats qui réinventent la Seine

Dernière mise à jour 20/07/2017
G. à D : S. du Moulin de Labarthe, Luc Lemonnier, A. Hidalgo, B. Leroy - photo Jacques Basile

Collectivités. C’est la saison de la remise des prix et c’est à une cérémonie de ce type que ressemblait l’annonce des lauréats de l’appel à projets « Réinventer la Seine » qui s’est déroulée le mercredi 19 juillet dans un amphithéâtre de Sciences Po au Havre. Les acteurs présents n’étaient pas totalement ceux qui étaient annoncés, Frédéric Sanchez et Yvon Robert étaient absents, ce dernier était représenté par Christine Rambaud. Luc Lemonnier, le nouveau maire du Havre, Anne Hidalgo, le Préfet François Philizot étaient là en chair et en os (précision nécessaire puisqu’on peut éventuellement envoyer son hologramme !). Les allocutions furent sans surprises alors on vous en dispense car la matière est abondante.

Itinéraire chronologique et conceptuel

Le lancement de l’opération remonte à mars 2016, 35 sites répartis de Paris au Havre étaient proposés à l’imagination des architectes, promoteurs et créatifs en tous genres. En 2016, en octobre 174 équipes internationales avaient candidaté. En janvier2017, 72 ont été « autorisées à poursuivre la compétition ». Aujourd’hui ce sont 20 lauréats qui ont été désignés. La sélection fut rude.

Si la multiplicité et l’originalité des approches de l’eau ont été des critères de sélection, la faisabilité financière fut le point déterminant qui explique que juste une grosse moitié des sites à aménager ont trouvé preneur.

Il faut bien voir qu’il s’agit d’une démarche totalement originale tant pour l’élaboration du projet, sa fonction, que son financement. Sur de dernier point les collectivités ne mettent pas la main à la poche et le montage financier est réalisé par ceux qui montent le projet. Par contre la collectivité apporte le site qui, selon les cas, relève du bail emphytéotique, de la location, de la promesse de vente… En général sur ce point les négociations restent à mener.

Il s’agit « d’un travail collaboratif, un projet collégial et transversal »rappellera dans sa présentation Simon du Moulin de Labarthe, Directeur Général de l’AURH. « Une démarche de pollinisation réciproque caractéristique de notre époque ».

Il s’agit dans nombre de projets de nous réconcilier avec l’eau, vivre avec et on mêle les activités d’habitation, de loisirs, de production artisanale, esprit d’un nouveau monde sans frontière, espérons qu’il n’aboutira pas à l’entropie.

7 projets de Rouen au Havre

Rouen : le chai à vin réinventé devient un casino, projet porté par Eiffage construction Haute-Normandie

Le chai à vin de Rouen, construit au début des années 1950 a été le plus grand chai à vin d'Europe. Il se situe sur la presqu'île de Waddington, entre la Seine et le bassin Saint Gervais.

Il s’agit d’un « casino nouvelle génération » offrant des salles de jeux mais aussi une variété d’activités ouvertes au grand public : culture (musée des Arts forains, en lien avec l’esplanade Saint Gervais voisine qui accueille chaque année la foire Saint Romain, 2ème  plus grande de France ; salle de spectacle vivant) et mémoire du site (histoire du chai, œnologie), espace entreprises (séminaires, formations etc.), restaurants panoramiques en « rooftop ». Sur le plan architectural, le projet entend à la fois respecter le bâtiment « introverti » du chai, dont les propriétés environnementales sont excellentes, magnifier son caractère monumental et son architecture intérieure exceptionnelle, tout en l’ouvrant sur l’esplanade, le fleuve et le grand paysage par l’ajout d’un « nuage-écrin ». Cette structure relie le chai au parking silo (540 places) et permet la création d’un grand belvédère dont l’accès sera libre et gratuit.

Eure : Poses le lac du Mesnil : la vie en Seine un projet porté par la SAS de l’Atelier ZOU

Bernard Leroy, président de la CASE, qui ne cesse de chercher des crédits pour peaufiner les développements de sa base de loisirs, était ravi lors de la présentation du Havre. Voilà un programme de 25 millions d’euros (20 millions pour le complexe hôtelier, 2,5 millions pour le port et 2 millions pour l’espace Natura 2000). L’ensemble est situé au sein d’une des plus belles boucles de la Seine normande.

Hôtellerie, restauration les pieds dans l’eau. En plus des 36 chambres et 4 suites ouvertes sur le lac et les falaises des coteaux, l’hôtel propose 30 lodges lacustres sur pilotis accessibles par un chemin en bois sur pilotis. Le pôle restauration accueille un bar, un bistronome de 60 couverts avec terrasse, un restaurant gastronomique de 40 couverts avec terrasse également.

Santé – beauté. La programmation hôtelière comprend aussi un espace séminaire et un pôle bien-être : 4 salles de soin massage, sauna, hammam, piscine intérieure, fitness, terrasse solarium, piscine sur lac, ainsi que des salles de consultation pour professionnels de médecine douce (ostéopathes,  naturopathes...).

Le port de plaisance inclut une capitainerie flottante sur barge, 3 pontons à bateaux sécurisés équipés de 200 anneaux.

Le Havre - Presqu’île Frissard – Les quais en Seine projet porté par la Financière Pichet

Ce projet est à dominante habitat et a pour originalité d’associer des logements destinés aux étudiants et aux touristes. En rapport à l’eau, il propose de développer une ferme aquaponique c’est-à-dire une forme d'aquaculture intégrée qui associe une culture de végétaux en « symbiose » avec l'élevage de poissons. Ce sont les déjections des poissons qui servent d'engrais pour le végétal cultivé.

En plus de l’îlot central végétalisé, un lobby multiservices ouvert au public : salon de thé, restauration légère, épicerie fine locale à orientation ESS, promenade verticale et terrasse roof-top bar accessible au public.

Le Havre : Hébergement sur l’eau pour les différents bassins (Vauban, Vatine…) avec deux projets

Rêver projet porté par Les Apaches

Rêver fait émerger un ponton habité pour offrir un lieu ouvert à tous, toute la journée où se retrouver pour dormir, manger, boire, voir, écouter, danser etc. Comme l’explique Maxence Gourdault « c’est un actif mobile, raisonné en immobilier ». Il évalue l’investissement à 5 millions d’euros pour le bâti et 1 million pour l’aménagement. L’expérience de l’eau est complète avec la première barge qui accueille un hôtel de 44 chambres au ras de l’eau, proposant des vues insolites au cœur du bassin. La seconde barge est composée d’un restaurant/bar de 90 couverts, d’une salle de réunion et d’un pont d’accostage destiné aux marins et plaisanciers adeptes d’une escale gourmande. Ajoutons à cela un petit sauna flottant. Le ponton de l’établissement accueille une promenade accessible au public et devient le support de multiples activités : projections, concerts, fêtes, expositions…

Barges et Berges sur Seine porté par Barges et Berges SAS

« L’originalité de ce projet à 20 millions d’euros nous explique Séverine Chapus la présidente de la SAS, c’est sa mobilité entre Le Havre et Paris, c’est un projet multi-sites composé d’une flotte mobile et fixe de barges à usages mixtes. »

Certaines barges permutent selon les saisons. Le site de Tolbiac accueille un bâtiment sur pilotis : «Le Grand Travailleur», composé d’un espace de coworking nouvelle génération et d’une activité logistique. Une barge fixe : «Le Grand Aubergiste», est amarrée au site et propose une auberge de jeunesse. Enfin, deux barges mobiles alternent selon les saisons.

Le Havre : Quai de Saône le hangar O devient le projet hangar zéro piloté par l’association LH- Ø

Frédéric Denise, l’architecte qui a créé l’association pour monter le projet, l’a construit sur le thème du réemploi des matériaux. On aboutit à un projet à 670.000 euros puisque le bâtiment existe déjà et qu’on est dans l’univers du réemploi. Il s’agit d’une mise à disposition de locaux et ateliers à des initiatives solidaires, artistiques, équitables. Des associations aux activités les plus hétérogènes sont déjà inscrites: restaurant, boutique de commerce équitable, hall d’expo, salle de réunion/conférence, micro-brasserie,  jardins extérieurs (partagés, pédagogiques, ruches, ferme lombricole), et un site d’agriculture urbaine. Frédéric Denise y aura son cabinet d’architecte et il précise : « il y a encore des espaces disponibles. » Avis aux amateurs.

Abords du Canal du Havre à Tancarville projet « Le quai des jumeaux » porté par Tetra Architects BVBA

Le projet développe, à la zone de transition entre ville et port, sur deux parcelles de part et d’autre du Canal de Tancarville, deux bâtiments jumeaux en lien avec l’activité de transbordement de marchandises. Il porte l’ambition de décloisonner les activités portuaires et urbaines au profit d’une nouvelle mixité.

En rez-de-chaussée, coté façade urbaine, se développent en relation avec l’espace public, les comptoirs de réception/vitrine/ atelier/magasin. Coté façade portuaire se déploie des espaces de logistiques et de stockage associés à des bureaux en mezzanine. Le dernier étage accueille un lieu de conférence/formation, un restaurant et une terrasse panoramique semi-publique donnant à lire l’activité portuaire aux abords des bassins.

Le projet innove par la valorisation de la filière fluviale de l’Axe Seine, une architecture réversible et un programme mixte à la hauteur des enjeux de l’interface ville-port.

Il existe 14 projets sur Paris et d’innombrables photos des projets, alors pour en savoir plus cliquez ici pour retrouver la brochure de 58 pages ou allez la rechercher sur le site dans la rubrique « Archives »