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Sainte Adresse : la verte attitude en action

Dernière mise à jour 04/07/2017
G à D : P. Ambos, Y. Lavernhe, A. Verbecke, S. Gaugain, H. Dejean, H. Veillard, F. Nicolle et des startupers dont nous parlerons demain

Collectivités. « Située sur l’extrême pointe de Caux, la côte de Sainte-Adresse est orientée au sud, ce qui lui donne des petits airs de station balnéaire méditerranéenne » aime à rappeler son maire Hubert Dejean de la Bâtie. Il ne manque pas de souligner que sa commune de 7.400 habitants, enclavée dans Le Havre, tient farouchement à son indépendance, quitte à passer pour un irréductible village Gaulois insoumis ! Pour l’édile : « grâce à cette attitude indépendante il a réussi à garder un village vert ». Indépendante certes, mais pas trop quand même, la ville fait partie de la Codah et s’inscrit dans le périmètre des 17 communes de l’agglomération du Havre.

Hubert Dejean de la Bâtie est aussi vice-président du Conseil Régional en charge de l’environnement et il a accueilli sa collègue Sophie Gaugain, vice-présidente en charge de l’économie qui mène des visites de terrain pour suivre la vie économique de son territoire. « Fidèle à l’esprit de co-construction cher à la Région elle est à l’écoute des projets et des besoins » explique-t-elle.

Une bonne occasion pour Hubert Dejean de lui montrer qu’il met en pratique localement les grands principes qu’il vient de définir lors de l’Assemblée Plénière du Conseil Régional du 26 juin 2017.

Plan de ville affiché il brosse les lignes des prochaines grandes actions.

Réhabilitation de territoires

            La fermeture de l’Ecole maritime va dégager un vaste terrain sur lequel il est prévu la construction d’un éco-quartier. De gros travaux de réhabilitation sont à prévoir avec même probablement du désamiantage, points sur lesquels l’aide de l’Etablissement Public Foncier de Normandie sera demandée. Un point d’accès culturel y sera aussi développé avec la participation du FRAC. Les choix de Singapour, ville où la jungle et les gratte-ciel se côtoient, sont alors évoqués et Alban Verbecke, Délégué Régional d’EDF en Normandie rappelle que son entreprise est impliquée dans l’accompagnement du développement écologique de cette ville.

            A la pointe du triangle de Caux, l’ancien chemin des douaniers va être réhabilité et ouvert à la marche.

Le phare inutilisé va être racheté par le Conservatoire du Littoral et exploité par la commune qui en fera une attraction touristique avec présentation multimédias pour une évocation historique des lieux et de la ville. Tout cela devrait être réalisé à l’horizon 2040.

Une centrale thermique toujours plus verte

La centrale électrique du Havre, lieu mythique s’il en est, puisqu’il s’agit d’une des deux dernières centrales thermiques d’EDF avec celle de Cordemais auprès de Nantes. Pour continuer à fonctionner  elle a déjà bénéficié de 200 millions d’euros d’investissement qui ont conduit à un long arrêt avec modification de certains process et mise au point de la désulfuration des fumées, du traitement des NOx... « Un lourd travail de dépollution a été mené pour continuer à faire fonctionner cette centrale électrique en milieu urbain » explique Pascal Ambos directeur adjoint du site. La centrale produit 600 MW, emploie 167 agents EDF, 100 prestataires y interviennent et l’entreprise investit chaque année 5 à 6 millions d’euros pour sa maintenance. L’exploitation de la centrale apporte de substantielles subventions à la collectivité et, élus et habitants y sont attachés.

Alban Verbecke et Pascal Ambos, annoncent de nouvelles pistes de contribution à la protection de l’environnement. Les chaudières pourraient brûler des déchets, il ne s’agit pas de substituer ce Combustible Solide de Récupération (CSR) au charbon, mais d’en introduire, dans un premier temps, environ 5%. Les produits incinérés seraient des papiers et cartons et certains plastiques non recyclables. Cette démarche est déjà commencée à Cordemais avec des déchets verts, elle est aussi utilisée en Italie. Reste pour EDF à se mettre en règle avec les procédures administratives et à étudier l’élimination des cendres.

La combustion dans la chaudière à 1.500° devrait permettre de récupérer la chaleur fatale, une étude est en cours sur ce sujet. 4% de la chaleur dégagée par la centrale permettrait d’installer un réseau de chaleur.

Transport vert pour utiliser les CSR de l’Ile-de-France

Si le choix de l’incinération des déchets se développe, la centrale pourrait utiliser aussi les CSR de l’Ile de France qui n’a pas les infrastructures suffisantes pour la gestion de ses ordures ménagères.

Pour le transport des déchets, point essentiel quand on veut agir de manière responsable dans l’environnement, Hervé Veillard, Directeur de Veolia présente le système de barges que son entreprise exploite déjà sur la Seine. Des containers spéciaux sur des barges assurent le transport du papier journal fabriqué par UPM à Saint-Etienne-du-Rouvray à destination de la région parisienne où  se trouvent une grande quantité d’imprimeries. Le fret de retour est assuré par les papiers récupérés que la papeterie recycle. Il suffira aux barges de descendre un peu plus la Seine pour approvisionner la centrale du Havre.

Energie et mais aussi intelligence économique

La Normandie reste une terre privilégiée pour les énergies : l’accord est maintenant acquis pour le démarrage de Flamanville et Alban Verbecke annonce que : « le combustible sera mis dans la cuve en 2018 avec raccordement au réseau et c’est en 2019 que commencera la production ». L’entreprise est aussi impliquée dans l’hydrolien du Raz Blanchard, travaille simultanément sur le stockage de l’énergie, sur ses emplois dans la mobilité avec Mov’eo, et collabore avec le Bâtiment pour les réductions d’énergie.

Sophie Gaugain replace cette démarche : « dans celle de l’intelligence économique que veut développer la Normandie et qui est un moyen de pérenniser l’esprit d’innovation et d’inventivité propre à la Région. »

Témoignagne des choix environnementaux de la ville, Hubert Dejean remet à Sophie Gaugain du miel de ses falaises