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50 ans d’intérim pour SOS intérim du « louage » au « cocooning »

Dernière mise à jour 09/06/2017
Mélanie Charon Présidente de SOS Intérim

Economie. Avec la société que dirige maintenant Mélanie Charon c’est l’intérim au long cours qui est au programme puisque la société dont le siège social est à Evreux, où elle fut créée, est née en 1967 sous le nom d’Evreux Intérim. C’était une entreprise d’avant-garde car ce genre de pratique n’était pas habituel à l’époque et on parlait alors de « délégation de personnel administratif » en ces temps où naissait la mécanographie gourmande en petites mains agiles.

D’avant-garde l’entreprise l’est toujours mais surtout par l’ampleur des mesures qu’elle a prise pour faire en sorte que l’intérim, loin d’être le symbole de la précarité qu’il fut pendant longtemps, se transforme en un tremplin pour les employés et un atout pour les entreprises, assurées qu’elles sont de recruter un personnel de qualité.

Cette démarche fut initiée par Jacques Furon qui après Paulette Pommier la créatrice, assura le développement de l’entreprise à partir de 1976. Elle fut reprise en 2015 par sa fille Mélanie qui après des études scientifiques, un passage dans l’industrie, s’est prise d’une passion pour la gestion des entreprises après son master de gestion chez Neoma.

Grandir sans perdre son âme

La caractéristique de l’entreprise se veut une approche familiale où employés, intérimaires et clients sont connus, valorisés, guidés pour qu’ils réalisent le meilleur d’eux-mêmes. « C’est le lien entre les gens qui est le fil conducteur de notre activité » explique Mélanie Charon. Ce chemin exigeant n’a pas empêché l’expansion mais celle-ci reste mesurée. SOS intérim réalise un chiffre d’affaires de 47,1 millions d’euros avec 60 collaborateurs et compte désormais 12 agences : 8 en Normandie, 1 à Dreux, en région Centre Val de Loire, 1 à Amiens, 1 à Buchelay en Ile-de-France auxquelles s’ajoute le cabinet de recrutement Pro-RH de Louviers. De ce dernier on nous précise bien : « qu’il s’agit de recherche de personnel mais pas de la technique du chasseur de tête, le débauchage n’est pas le genre de la maison ! »

« L’extension s’est faite progressivement, essentiellement par création de sites pour répondre aux besoin des clients » explique Mélanie Charon qui espère bien continuer à mener cette politique.

L’attention à l’humain est ce qui différencie la démarche de SOS Intérim par rapport aux grandes structures ou par rapport aux sites internet de recrutement. L’analyse du poste à pourvoir peut aller très loin, les collaboratrices de l’entreprise n’hésitent pas à aller voir quelles seront les conditions de travail du futur embauché, surtout en ce qui concerne la sécurité. « Avant toute délégation, chaque candidat suit un module de sensibilisation aux risques sur le poste de travail. » précise la Présidente. Engagé dans une démarche Qualité, Santé, Sécurité Environnement le Groupe est certifié RSE Gold par Ecovadis et  MASE UIC pour son site du Havre.

Sur l’année 2016, ce sont 6.993 personnes qui ont travaillé grâce à l’entreprise pour les près de 1.000 sociétés qui sont clientes du Groupe.

Former et promouvoir les équipes

Pour Mélanie Charon pas de doute : « la formation est le moteur de la carrière », aussi SOS Intérim est-il adhérent au Fonds d’Assurance Formation du Travail Temporaire (FAF.TT) et au Fonds Professionnel pour l’Emploi dans le Travail Temporaire (FPE.TT). Grâce à ces structures les employés intérimaires peuvent accroître leur compétence et leur adéquation aux besoins du marché et l’entreprise accompagne les salariés dans leur parcours de professionnalisation. Pour la responsable de l’entreprise : « toute personne motivée et ayant des compétences doit pouvoir accéder à l’emploi ».

Souvent les candidats à l’intérim ont tendance à ne pas évoquer leur handicap, ils sont au contraire invités à le préciser car cela peut permettre à certaines entreprises de remplir plus aisément leurs obligations en la matière. Tout un travail est mené avec les nombreux organismes concernés pour faciliter l’emploi des personnes en difficulté.

Présent sur tous les secteurs d’activité le Groupe apporte ses compétences pour tous les niveaux de qualification sachant que les employeurs n’ont pas encore le réflexe intérim pour les cadres qui ne représentent guère que 3% de l’effectif, chiffre analogue à celui des statistiques nationales.

Préparer la pérennité de l’avenir

Si l’entreprise a choisi de respecter et même d’aller bien au-delà des exigences réglementaires de la profession, si elle est présente dans les innombrables organismes sociaux du Département et participe au « sauvetage » des chômeurs qui sont passés à travers les mailles du filet avec l’opération « 100 chances, 100 emplois » que nous avons déjà évoquée, elle se préoccupe d’assurer sa pérennité. Après un brainstorming de 48 h avec les équipes il fut décidé d’engager la transition numérique du Groupe. Cela va se faire en trois phases : tout d’abord fluidifier la circulation des informations par le partage des documents et la visioconférence, dématérialisation des documents pour les intérimaires (contrat de travail, bulletin de salaire), dématérialisation des contrats avec les clients… tout cela en gardant l’esprit de service et de dialogue pour ne pas dérouter les interlocuteurs.

Alors rendez-vous pour la prochaine étape, un peu avant 50 ans de préférence !

G.B.