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Un hommage d’espoir au Lieutenant Marcel Lefèvre

Dernière mise à jour 07/06/2017
G à D : J.F Anière ex pdt NN, F. Duché, E. Fontaine Commandant à la base 105, Alexandre Orlov, la sous-préfète, Colonel Anatoly Fetissov

Culture. C’est le 5 juin, anniversaire du décès du Lieutenant Marcel Lefèvre, chef de l’escadrille Normandie-Niemen, qu’un important et vibrant hommage civil et militaire a été rendu aux Andelys (Eure)  en présence de Son Excellence Alexandre Orlov, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie en France.

Le courage et la volonté de vaincre

Né le 17 mars 1918 aux Andelys, le Lieutenant Marcel Lefèvre s’évade pour Gibraltar le 14 octobre 1941 à 23 ans et rejoint à sa création l’escadrille Normandie-Niemen comme pilote de chasse dans laquelle il engage ses premiers combats en mars 1943. Il compte 14 victoires à son actif dont 11 homologuées. En retour de mission, il est grièvement brulé dans son avion à Doubrovka le 29 mai 1944 et décède à la suite de ses blessures le 5 juin 1944 à 26 ans à l’hôpital Sokolniki de Moscou. Inhumé à Moscou sa dépouille est rapatriée aux Andelys en février 1953. Il est titulaire des plus hautes distinctions françaises et russes, Chevalier de la Légion d’Honneur, Compagnon de la Libération, Héros de L’Union Soviétique avec l’Ordre de Lénine. Peint sur le fuselage de son avion le « Père Magloire » symbolisait son origine normande et a établi son surnom.

Les plus hauts dignitaires honorent ce destin historique

La cérémonie d’hommage réglée au millimètre par le Lieutenant-colonel de réserve Brigitte Brière ordonnait le protocole des autorités : M. Pierre Roure, président du Mémorial Normandie Niémen, le Colonel Anatoly Fetissov président des vétérans de Russie, M. René Barchi président d'honneur de l'Association des vétérans de Russie, le Sergent Yves Donjon administrateur du mémorial Normandie-Niemen représentant le 2/30 régiment de Chasse Normandie-Niemen de Mont-de-Marsan, M. Bertrand de La Salle fils du pilote Charles de La Salle,  M. Frédéric Duché maire des Andelys, Vice-président du Conseil départemental de l’Eure, président de Seine Normandie Agglomération, Son Excellence Alexandre Orlov, Ambassadeur de la Fédération de Russie en France, le Colonel Dimitri Fedorinin et le Commandant Sergueï Feshenko de la Mission militaire de la Fédération de Russie et de madame Anne Frackowiak-Jacobs Sous-préfète des Andelys.

L’amitié entre Vétérans repose sur l’amitié franco-russe

« Commémorer, c’est honorer l’amitié, c’est servir le devoir de mémoire pour les années à venir »rappelle Frédéric Duché en illustration de la portée de l’hommage rendu à Marcel Lefèvre, à ses compagnons pilotes de chasse et aux mécaniciens de Normandie-Niemen qui commémorent en novembre 2017 le 75e anniversaire de sa création par le général de Gaulle. Frédéric Duché fait également état du profond et ancien respect porté à la Russie. Il évoque : « les liens tricentenaires qui unissent la France et la Russie » et souligne : « les valeurs communes que nous partageons ». C’est l’opportunité pour le maire des Andelys de rappeler à ses invités réunis à la Mairie le discours du général de Gaulle à Moscou le 30 juin 1966 prononcé à l’occasion d’un voyage officiel triomphal en URSS du 20 juin au 1er juillet 1966 passant par Moscou, Leningrad, Kiev, Volgograd et Novossibirsk. La presse titre alors sur cinq colonnes « 1.200.000 moscovites massés sur plus de 30 km ont crié bienvenue de Gaulle. »

Le Chef de l’Etat proclamera dans son discours  « J’étais rempli d’une émotion qui me venait du fond de l’Histoire. Votre destin et le nôtre sont semblables et conjugués. Soviétiques et Français, nous pouvons nous donner la main. »

Une visite de la France de toujours à la Russie de toujours

Le Général donnait à chacune des occasions de ce voyage les signes concrets de la politique étrangère de la France en proclamant l’indispensable et indéfectible amitié franco-russe pour le maintien de la paix, le devenir de l’Europe et l’équilibre du monde. Ce voyage officiel d’une ampleur inhabituelle ouvre la voie à une coopération stratégique économique, scientifique et culturelle fondement de stabilité et de paix voulue par de Gaulle en Europe et dans le monde. Le Général martèle chacun de ses discours de cette vision portée par la France et par la Russie, donnant consistance à un nouvel ordre mondial évoqué en novembre 1959 à Strasbourg « Oui, c’est l’Europe, depuis l’Atlantique jusqu’à l’Oural, c’est toute l’Europe qui décidera du destin du monde ! » En 1966 Charles de Gaulle va plus loin et inclut l’URSS, ce qu’il exprime dans son discours final aux soviétiques et au-delà à l’ensemble du monder « la visite que j’achève de faire à votre Pays, c’est une visite que la France de toujours rend à la Russie de toujours. Aussi en venant vous voir, il m’a semblé que ma démarche et votre réflexion étaient inspirées par une considération et une cordialité réciproques que n’ont brisées depuis des siècles, ni certains combats d’autrefois, ni des différences de régimes, ni des oppositions récemment suscitées par la division du monde…à tous, je dis que la France nouvelle est l’amie de la Russie nouvelle. »

La France à l’aube d’une nouvelle coopération avec la Russie 

Les commémorations de Normandie-Niemen en novembre 2017 à l’occasion du 75e anniversaire de sa création pourraient donner l’éveil à un nouveau processus dans les relations entre la France et la fédération de Russie. Nombreux sont les participants à l’hommage rendu à Marcel Lefèvre qui évoquaient cette opportunité qu’ils exprimaient aussi comme un espoir que l’exemple du pilote de chasse de Normandie-Niemen prolonge cette composante de l’amitié entre vétérans en une nouvelle dynamique, une renaissance de l’amitié franco-russe. La France nouvelle de 2017 veut-elle un grand projet d’amitié avec la fédération de Russie ? L’histoire de Normandie-Niemen lui en donne l’occasion et lui ouvre la voie dans ce sens.

Paul François Astolfi