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La droite risque de boire le calice jusqu’à la lie

Dernière mise à jour 28/04/2017

Idées. Sèchement battue, la droite s’éparpille et affiche une belle débandade à laquelle elle nous a habitués depuis quelques années.

Première étape le 2e tour de la présidentielle, ralliement quasi-total à Emmanuel Macron de tous les grands ténors LR-UDI, seuls quelques personnalités à la marge comme Jean-Frédéric Poisson ou Christine Boutin optent pour le ni-ni, c'est-à-dire l’abstention, ou le ralliement à Marine Le Pen.

La session de rattrapage pour la droite devrait être celle des législatives et c’est là que l’éparpillement des comportements risque de transformer l’essai manqué en une déroute.

Il y a ceux qui n’attendent pas que se soit mise sur pied une stratégie commune et se jettent dans les bras d’Emmanuel Macron, les premiers noms sont sortis de cette aspiration à l’effusion : Christian Estrosi, Bruno Le Maire, François Baroin, Nathalie Kosciusko Morizet…c’est embrassons nous Folleville, oui, oui nous allons travailler ensemble disent ils en ouvrant tout grand les bras. Pas sûr qu’en face Macron les ouvre aussi. Voici que tout un coup « tout est bon chez Macron ». N’est ce pas oublier un peu vite tout le champ des valeurs de la droite ?

Aujourd’hui, Philippe Bas Sénateur de la Manche et Président du conseil départemental lance un appel à la mobilisation des électeurs car dit-il « Le vote Marine Le Pen est la menace la plus grave que nous ayons jamais connue depuis soixante ans » Mais, lot de consolation : « l'élection des députés aura lieu en juin et ce sera l'occasion de former une majorité de la droite et du centre qui permettra d'imposer au président élu un gouvernement sans compromission ni ralliement pour réformer profondément le pays en respectant ses équilibres. Je suis convaincu que cette victoire de la droite et du centre est à portée de main car s'ils n'ont pas choisi majoritairement François Fillon, les Français voudront l'alternance qu'ils espèrent depuis cinq ans et dont ils ne veulent pas être privés »

Hypothèse d’une cohabitation comme la Ve République en a déjà connu.

Pourtant, En Marche ! est tout sauf une improvisation, du fait des nouvelles règles sur le non cumul des mandats, ce sont 50 députés de droite et 80 de gauche qui ont prévu de ne pas se représenter pour privilégier leur mandat local…cela laisse de la place pour installer les candidats « macronistes ». Avec toutes les personnalités de gauche qui se sont déjà ralliées à Emmanuel Macron cela fait un beau vivier pour mettre en selle des candidats déjà connus et appréciés du terrain. Ils n’hésitent pas à mouiller la chemise pour soutenir l’éphèbe de la politique nationale. C’est le cas de Jean-Louis Destans député PS de l’Eure qui a rallié En Marche ! dès le 14 mars  et envoie aujourd’hui un courrier pour appeler les citoyens de tous bords à soutenir Emmanuel Macron : « j'appelle tous nos compatriotes à voter résolument contre la vision, les idées et le programme destructeur et régressif pour la France de Madame Le Pen. Nous devons donner à la France un Président qui la représente dans ce qu'elle est et défende ses valeurs. »

Avec de si bonnes manières à n’en pas douter En Marche ! ne pourra qu’avoir envie de conserver un si bon candidat.

Last but not least, la France est désormais divisée en 5 forces politiques importantes : le FN, Les Républicains-UDI,  En Marche !, le PS et La France Insoumise… Quand les LR imaginent avoir la majorité dans un tel puzzle ne se bercent-ils pas d’un doux rêve ? Le réveil risque d’être douloureux.

Ginette Bléry